Le dépôt
328 - ZOOM GONGORA
Fábula de Polifemo y Galatea
Era del año la estación florida en que el mentido robador de Europa, media luna las armas de su frente, y el sol todo los rayos de su pelo, luciente honor del cielo, en campos de zafiro pace y reposa; mal segura la ninfa, que, dorada, bajo el oro su cabello undoso, cual en árbol de oro fruta de oro, tendida en las verdes ramas se columpia, y en tanto que del viento el blando soplo el dulce sueño entre las feuilles susurra, el aurora de Febo la despoja de su manto de flores y de oro.
Traduction française :
Fable de Poliphème et Galatée
C’était la saison fleurie de l’année, où le menteur ravisseur de l’Europe, en croissant de lune les armes de son front, et le soleil tous les rayons de ses cheveux, honneur éclatant du ciel, en champs de saphir fait paix et repos ; mal en sécurité la nymphe, qui, dorée, sous l’or de ses cheveux ondoyants, comme un fruit d’or sur un arbre d’or, étendue sur les branches vertes se balançait, et tandis que le souffle doux du vent murmure le doux sommeil entre les feuilles, l’aurore de Phébus la dépouille de son manteau de fleurs et d’or.
Source : Wikisource – Luis de Góngora, Fábula de Polifemo y Galatea
Soneto CLXVI
Mientras por competir con tu cabello oro bruñido al sol relumbra en vano, mientras con menosprecio en medio el llano mira tu blanca frente el lilio bello;
mientras a cada labio, por cogello, siguen más ojos que al clavel temprano, y mientras triunfa con desdén lozano del luciente cristal tu gentil cuello;
goza cuello, cabello, labio y frente, antes que lo que fue en tu edad dorada oro, lilio, clavel, cristal luciente,
no solo en plata o víola troncada se vuelva, mas tú y ello juntamente en tierra, en humo, en polvo, en sombra, en nada.
Traduction française :
Sonnet CLXVI
Tandis que pour rivaliser avec tes cheveux l’or poli au soleil brille en vain, tandis qu’avec mépris, au milieu de la plaine, ton front blanc regarde le lis beau ;
tandis que pour cueillir chaque lèvre, plus d’yeux suivent que le bouton de rose hâtif, et tandis que triomphe avec un dédain éclatant de ton cou gracieux le cristal brillant ;
profite, cou, cheveux, lèvre et front, avant que ce qui fut en ton âge doré or, lis, œillet, cristal brillant,
ne se transforme non seulement en argent ou en violette coupée, mais toi et cela ensemble en terre, en fumée, en poussière, en ombre, en rien.
Source : Wikisource – Luis de Góngora, Soneto CLXVI
Romance de la luna, luna
La luna vino a la fragua con su polisón de nardos. El niño la mira mira. Niño, déjame que mire.
La luna se ha puesto redonda como el culo de un tambor. El niño la mira mira. Niño, déjame que mire.
Traduction française :
Romance de la lune, lune
La lune vint à la forge avec sa jupe de nards. L’enfant la regarde, regarde. Enfant, laisse-moi regarder.
La lune s’est faite ronde comme le cul d’un tambour. L’enfant la regarde, regarde. Enfant, laisse-moi regarder.
Source : Poesía española – Luis de Góngora, Romance de la luna, luna
Letrilla
Andeme a la mar, Irene, andeme a la mar, que en la mar no hay quien mande, ni señor, ni vasallo, ni rey, ni duque, ni conde, ni príncipe, ni barón.
Traduction française :
Letrilla
Allons à la mer, Irène, allons à la mer, car dans la mer il n’y a personne qui commande, ni seigneur, ni vassal, ni roi, ni duc, ni comte, ni prince, ni baron.
Source : Poesía española – Luis de Góngora, Letrilla
PRÉSENTATION
Luis de Góngora, né en 1561 à Cordoue (Espagne) et mort en 1627 dans la même ville, est l’une des figures les plus marquantes de la poésie baroque espagnole. Son œuvre, marquée par un style complexe et un langage riche, est souvent associée au mouvement littéraire connu sous le nom de "culteranismo". Ce style, caractérisé par l’utilisation de métaphores audacieuses, de jeux de mots et d’une syntaxe élaborée, a profondément influencé la poésie espagnole et européenne.
Góngora est surtout célèbre pour ses œuvres majeures, Soledades et Fábula de Polifemo y Galatea, qui explorent des thèmes mythologiques, naturels et philosophiques. Son écriture, à la fois lyrique et intellectuelle, se distingue par une grande richesse d’images et une recherche constante de la beauté formelle. Il a également écrit des sonnets, des romances et des letrillas, où il démontre une maîtrise exceptionnelle de la langue et une capacité à capturer les nuances des émotions humaines.
Son influence sur la poésie espagnole est immense, et son œuvre continue d’être étudiée et admirée pour sa profondeur et son originalité. Góngora a également eu un impact significatif sur les poètes ultérieurs, notamment ceux du Siècle d’Or espagnol, et son héritage littéraire reste un pilier de la culture hispanique.
BIBLIOGRAPHIE
- Luis de Góngora, Soledades, Cátedra, 2003.
- Luis de Góngora, Fábula de Polifemo y Galatea, Espasa-Calpe, 1985.
- Luis de Góngora, Sonetos completos, Castalia, 1994.
- Wikisource – Luis de Góngora
- Poesía española – Luis de Góngora