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PLACE AUX POÈMES

TRADUCTIONS

CHANSONS - Bob Dylan - Trad. G&J


Ces traductions couvrent près de soixante ans de création de Bob Dylan, de *Blowin’ in the Wind* (1963) à *False Prophet* (2020). Chaque texte respectant le rythme et l’esprit de l’original, tout en s’inscrivant dans une démarche de dialogie littéraire.







 TEMPÊTE


La lune pâle s’élevait dans toute sa splendeur 

Au-dessus d'une ville occidentale 

Qui racontait une bien triste histoire 

Celle d’un grand navire qui fit naufrage


C’était le quatorzième jour d’avril

Au dessus des vagues que chevauchait la lune

Naviguant dans le lendemain 

Vers l'âge d’or annoncé


La nuit brillait d'une lumière d’étoiles

La mer était claire et tranchante

Voyage à travers les ombres 

L’heure promise était proche


Les lumières se tenaient constantes 

Glissant sur l’écume

Tous ces messieurs et dames 

En route pour leur demeure éternelle

`

Les chandeliers se balançaient

Au-dessous des balustrades

L’orchestre jouait 

Des airs d’amours mortes


Le guetteur, lui, couché et rêvant

Tous les danseurs de salon virevoltant

Il rêvait que le Titanic sombrait 

Dans le sous-monde


Léo prit son carnet de croquis

Il était si souvent inspiré

Qu'il ferma les yeux et peignit 

le décor dans son esprit


Cupidon frappa sa poitrine 

Et la cassa d’un claquement

Il tomba tout cuit dans le giron

De la femme la plus proche


Il entendit un bruyant tumulte

Quelque chose qui sonnait faux

Son for intérieur lui disait 

Qu’il ne pourrait rester là longtemps


Il tituba jusqu’au pont arrière

Plus le temps de dormir à présent

L’eau sur le pont arrière

Un mètre déjà de profondeur


La cheminée penchait de côté 

Des pas lourds se mirent à marteler

Il marcha dans le tourbillon

Le ciel fendu tout autour


Le navire sombrait

L’univers béant était ouvert

Le rouleau au loin était appelé

Les anges se détournaient


Des lumières en bas dans le couloir

Faible scintillement finissant

Dans la coque à double fond

Des corps morts flottaient déjà 


Alors les machines explosèrent 

Les hélices, elles manquèrent le démarrage 

De leurs chaudières surchargées

La proue du navire se détacha


Les passagers volaient à l’arrière

À l’avant, vite, loin 

Ils marmonnaient, tâtonnaient, cramponnés

Chacun plus épuisé que le suivant


Entre minuit et une heure 

La voile se déchiqueta

Aucun changement ni miracle soudain 

N’aurait pu défaire ce qui fut fait


Le guetteur rêvait allongé

Couché à quarante-cinq degrés 

Il rêvait du Titanic tombant à genoux

En train de couler


Wellington, il dormait 

Quand son lit commença à patiner

Son cœur vaillant se mit à battre 

Il repoussa les tables de côté


Des verres en cristal brisés

S’éparpillaient tout autour 

Il sangla ses deux pistolets

Combien de temps pourrait-il tenir ?


Ses hommes et ses compagnons 

Nulle part n’étaient en vue

En silence il attendait là 

Que l'espace et le temps agissent


La coursive était étroite

Il y avait de la noirceur dans l’air

Il voyait toutes sortes de malheurs

Partout il entendait des voix


Les alarmes appelaient 

À endiguer le flot croissant 

Amis et amants se serraient 

les uns aux autres côte à côte 


Les mères et leurs filles 

Descendant les escaliers 

Sautaient dans les eaux glacées 

L’amour et la pitié s'envoyaient leurs prières 


L’homme riche, Monsieur Astor 

Embrassait sa tendre épouse 

Il n’avait pas les moyens de savoir 

Que c’était le dernier voyage de sa vie 


Calvin, Blake et Wilson 

Misaient dans l’obscurité

Aucun d’eux ne survivrait  

Pour faire le récit de leur débarquement 


Un frère se dressait contre son frère 

À tout propos 

Ils se battaient et s’abattaient 

L’un l’autre dans une danse funèbre 


On abaissait les canots de survie 

De l’épave qui coulait 

Il y avait des traîtres, des renégats, 

Des dos et des nuques brisées 


L’évêque sortit de sa cabine 

Pour venir en aide au besoin de tous ces gens

Tournant ses yeux vers le haut du ciel

Il dit « les pauvres sont là pour te nourrir » 


Davey le taulier de bordel 

Sortit en congédiant ses filles

Vit l’eau profonde monter 

Et son monde changer


Jim Dandy souriait 

Il n’avait jamais appris à nager 

Il vit le petit estropié 

Il lui donna son siège 


Il vit une lueur d’étoiles 

Qui scintillait à l’Est 

La mort se déchaînait 

Mais son cœur était à présent en paix 


On abaissa les écoutilles 

Mais les panneaux cédèrent

On se noyait dans l’escalier 

En laiton et en or luisant


Léo dit à Cléo 

« Je crois que je deviens fou » 

Mais il avait déjà perdu l’esprit 

Quelle que soit la pensée qu’il eût

 

Il tenta de bloquer le passage 

Pour sauver les gens du malheur

Le sang coula d’une plaie ouverte 

À son bras


Les pétales quittaient les fleurs 

Jusqu’à ce qu'ils soient tous tombés

Pendant d'atroces longues heures

La malédiction opéra


Le maître d’hôtel servait le cognac 

Et s’imbibait lentement 

Il resta jusqu’à la fin

Fut le dernier à partir


Il y en avait beaucoup beaucoup d’autres 

À jamais anonymes

Qui jamais n’avaient pris la mer 

Ou quitté leur maison avant


Le guetteur, il continuait de rêver allongé 

Le mal était fait 

Il rêvait que le Titanic coulait 

Qu'il essayait d’en parler à quelqu’un 


Agenouillé devant la roue 

Le capitaine respirant à peine

Au-dessus et au-dessous de lui 

Cinquante mille tonnes d’acier


Il se tourna vers la boussole 

Et la regarda bien en face 

L’aiguille pointait vers le bas

Il savait la course perdue 


Dans sa sombre illumination 

Il se rappela les années révolues 

Il ouvrit le livre de l’Apocalypse 

et remplit sa coupe de larmes


Quand la tâche de la Faucheuse s'acheva 

Seize cents avaient trouvé le repos 

Le bon, le mauvais, le riche, le pauvre

Le meilleur, la plus ravissante


Ils attendaient sur la passerelle 

Ils essayaient de comprendre

Mais il n’y a rien à comprendre 

Dans le jugement de la main divine 


Les nouvelles arrivaient par cables 

Et frappaient de leur force mortelle 

L'amour avait perdu ses feux

Toutes choses avaient suivi leur cours 


Le guetteur, il rêvait toujours allongé 

À toutes choses possibles

Il rêvait que le Titanic sombrait 

Dans le grand bleu



 TEMPEST


The pale moon rose in its glory 

Out on the Western town

She told a sad, sad story 

Of the great ship that went down


It was the fourteenth day of April

Over the waves she rode 

Sailling Into tomorrow

To a golden age foretold 


The night was bright with starlight

The seas were sharp and clear 

Moving through the shadows 

The promised hour was near


Lights were holding steady

Gliding over the foam

All the lords and ladies 

Heading for their eternal home


The chandeliers were swaying

From the balustrades above

The orchestra was playing

Songs of faded love


The watchman, he lay dreaming

As the ballroom dancers twirled

He dreamed the Titanic was sinking

into the undeworld


Leo took his sketchbook

he was often so inclined

he closed his eyes and painted

the scenery in his mind.


Cupid struck his bosom

And broke it with a snap

The closest woman to him

He fell into her lap


He heard a loud commotion

Something sounded wrong

His innerspirit was saying 

That he couldn't stand here long


He staggered to the quarterdeck

No time no to sleep

Water on the quarterdeck

Already three foot deep


Smokestack was leaning sideways

Heavy feet began to pound

He walked into the whirlwind 

sky splitting all around


The ship was going under 

The universe opened wide 

The roll was called up yonder 

The angels turned aside


Lights down in the hallway 

Flickering dim and dull

Dead bodies already floating 

In the double bottom hull


The engines then exploded

Propellers they failed to start 

The boilers overloaded 

The ship's bow split apart


Passengers were flying 

Backward, forward, far and fast

They mumbled, fumbled, tumbled

Each one more weary than the last


The veil was torn asunder

« Tween the hours of twelve and one

no change, no sudden wonder 

could undo what had been done


The watchman lay there dreaming 

at forty five degrees

he dreamed that the Titanic was sinking 

dropping to her knees 


Wellington he was sleeping 

his bed began to slide 

is valiant heart was beating 

he pushed the tables aside


Glass of shattered crystal 

lay scattered "round about 

he strapped on both his pistols 

How long could he hold out ? 


His men and his companions 

were nowhere to be seen 

In silence there he waited for 

time and space to intervene 


The passageway was narrow

there was blackness in the air 

he saw every kind of sorrow

heard voices everywhere 


Alarms bells were ringing 

to hold back the swelling tide 

friends and lovers clinging 

to each other side by side 


Mothers and their daughters 

descending down the stairs 

jumped into the icy waters 

Love and pity sent their prayers


The rich man, Mister Astor 

kissed his darling wife 

he had no way of knowing 

be the last trip of his life 


Calvin, Blake and Wilson 

gambled in the dark 

Not one of them would ever live to 

tell the tale of disembark. 


Brother rose up 'gainst brother 

in every circumstance 

they fought and slaughtered eanch other

in a deadly dance 


They lowered down the lifeboats 

From the sinking wreck

There were traitors, there were turcoats 

broken backs aund broben necks 


The bishop left his cabin 

to help all those in need 

turned his eyes up to the heavens

Said « The poor are yours to feed. » 


Davey the brothel keeper 

came out, dismissed his girls 

saw the water getting deeper

saw the changing of his world 


Jim Dandy smiled 

he’d never learned to swim

saw the little crippled child 

and he gave his seat to him 


He saw the starlight shining 

streaming from the East 

death was on the rampage 

but his heart was now at peace


They battered down the hatches 

but the hatches wouldn’t hold 

they drowned upon the staircase 

of brash and polished gold 


Leo said to Cleo 

« I think I’m going mad. » 

But h’d lost his mind already 

whatever mind he had


He tried to block the doorway 

to save all those from harm

blood from an open wound 

pouring down his arm


Petals fell from flowers 

‘til all of them were gone

in the long and dreadful hours 

the wizard’s curse played on 


The host was pouring brandy 

he was going down slow 

he sayed right ‘til the end 

he was the last to go 


There were many, many others

nameless here forevermore

they’d never sailed the ocean 

or left their home before


The watchman, he lay dreaming 

the damage had been done 

he dreamed the Titanic was sinking 

and he tried to tell someone 


The captain, barely breathing 

kneening at the weel 

above him and beneath him 

fifthy thousant tons of steel 


He looked over at his compass 

and he gazed into its face 

needle pointing downward 

he knew he lost the race 


In the dark illumination 

he remembered bygone years 

he read the book of Revelation 

and he filled his cup with tears 


When the Reaper’s task had ended 

sixteen hundred had gone to rest 

the good, the bad, the rich, the poor 

the loveliest and the best 


They waited at the landing 

and they tried to understand 

but there is no understanding 

on the jugement of God’s hand


News came over te wires 

and struck with deadly force 

love had los his fires 

all things had run their course 


The watchman he lay dreaming 

of all thigs that can be 

he dreamed the Titanic was sinking 

into the deep blue sea




VENT STUPIDE

 

Quelqu’un m’en veut, on monte des histoires dans la presse

Qui que ce soit je voudrais que ça cesse mais quand, je ne peux deviner

On dit que j’ai descendu un certain Gray et emmené sa femme en Italie

Elle a hérité d’un million de dollars qui me sont revenus à sa mort 

Je n’y peux rien si j’ai de la chance

 

Les gens que je vois tous les jours ne savent même plus ce qu’il faut faire

Leurs esprits sont pleins de grandes idées, d’images et de faits déformés

Même toi hier il a fallu que tu me demandes où nous en étions

Incroyable qu’après tant d’années tu ne me connaisses pas mieux, gente dame

 

Vent stupide soufflant chaque fois que tu bouges la bouche

Qui souffle dans les chemins en pente du sud 

Vent stupide soufflant quand tu bouge les dents

Stupide petite

Étonnant que tu saches encore respirer

 

J’ai couru chez la voyante qui m’a dit attention à la foudre qui pourrait frapper

Je n’ai connu ni paix ni calme depuis si longtemps que j’oublie de quoi ça a l’air

Il y a un pauvre soldat sur la croix, de la fumée s’échappe de la porte d’un wagon

Tu n’en savais rien, tu n’y croyais pas, et à la fin il a gagné la guerre

Après avoir perdu chaque bataille

 

Éveillé sur le bas-côté, rêvassant aux choses comme elles sont parfois

Des visions de ta jument alezane traversent ma tête et me font voir des chandelles

Tu fais du mal à ceux que j’aime le plus et tu caches la vérité avec tes mensonges

Un jour tu seras dans le fossé, des mouches bourdonnant autour de tes yeux

Et du sang sur ta selle

 

Vent stupide qui souffle sur les fleurs de ta tombe

Souffle à travers les rideaux de ta chambre

Vent stupide qui souffle chaque fois que tu bouges les dents

Stupide petite

Étonnant que tu saches encore respirer

 

C’est la pesanteur qui nous a descendus et le destin qui nous a séparés

Tu as dompté le lion dans sa cage mais pour changer son cœur ce n’était pas assez

À présent tout est comme sens dessus dessous, en réalité les roues sont bloquées

Le bien est mal, le mal est bien, tu découvres qu’au sommet

Tu es au fond

 

J’ai noté qu’à la cérémonie tes manières pas nettes avaient fini par t’aveugler

Je ne me souviens plus de ta tête, ta bouche a changé, tes yeux ne sont plus dans les miens

Au septième jour le prêtre en noir était assis, impassible pendant que le batiment brûlait

Je t’ai attendue sur les marchepieds, près des cyprès, le printemps virait

Lentement à l’automne

 

Vent stupide qui souffle en rond autour de mon crâne

Du barrage du Grand Coulee au Capitole

Vent stupide qui souffle quand tu bouges tes dents

Stupide petite

Étonnant que tu saches encore respirer

 

Je ne peux plus te sentir, ni même toucher les livres que tu as lus

Chaque fois que je rampe devant ta porte, je préfèrerais être quelqu’un d’autre

Le long des routes, le long des rails, le long du chemin de l’extase

Sous les étoiles je t’ai suivie, pourchassé par ton souvenir

Et toute ta gloire déchaînée

 

C’est la dernière fois qu’on me trahit et me voilà enfin libre

J’ai envoyé un baiser d’adieu à la bête hurlante sur la frontière qui me séparait de toi

Tu ne sauras jamais le mal que j’ai enduré ni la douleur que je surmonte

Et je ne saurai jamais rien d’égal sur toi, ta sainteté ou ton genre d’amour

Et vraiment ça me désole

 

Vent stupide qui souffle par les boutons de nos manteaux

Qui souffle sur les lettres qu’on a écrites

Vent stupide qui souffle la poussière de nos étagères

Nous sommes stupides, petite

Étonnant qu’on arrive encore à se nourrir





 IDIOT WIND


Someone’s got it in for me, they’re planting stories in the press

Whoever it is I wish they’d cut it out but when they will I can only guess

They say I shot a man named Gray and took his wife to Italy

She inherited a million bucks and when she died it came to me

I can’t help it if I’m lucky


People see me all the time and they just can’t remember how to act

Their minds are filled with big ideas, images and distorted facts

Even you, yesterday you had to ask me where it was at

I couldn’t believe after all these years, you didn’t know me better than that

Sweet lady


Idiot wind, blowing every time you move your mouth

Blowing down the backroads headin’ south

Idiot wind, blowing every time you move your teeth

You’re an idiot, babe

It’s a wonder that you still know how to breathe


I ran into the fortune-teller, who said beware of lightning that might strike

I haven’t known peace and quiet for so long I can’t remember what it’s like

There’s a lone soldier on the cross, smoke pourin’ out of a boxcar door

You didn’t know it, you didn’t think it could be done, in the final end he won the wars

After losin’ every battle


I woke up on the roadside, daydreamin’ ’bout the way things sometimes are

Visions of your chestnut mare shoot through my head and are makin’ me see stars

You hurt the ones that I love best and cover up the truth with lies

One day you’ll be in the ditch, flies buzzin’ around your eyes

Blood on your saddle


Idiot wind, blowing through the flowers on your tomb

Blowing through the curtains in your room

Idiot wind, blowing every time you move your teeth

You’re an idiot, babe

It’s a wonder that you still know how to breathe


It was gravity which pulled us down and destiny which broke us apart

You tamed the lion in my cage but it just wasn’t enough to change my heart

Now everything’s a little upside down, as a matter of fact the wheels have stopped

What’s good is bad, what’s bad is good, you’ll find out when you reach the top

You’re on the bottom


I noticed at the ceremony, your corrupt ways had finally made you blind

I can’t remember your face anymore, your mouth has changed, your eyes

don’t look into mine

The priest wore black on the seventh day and sat stone-faced while the

building burned

I waited for you on the running boards, near the cypress trees, while the

springtime turned

Slowly into Autumn


Idiot wind, blowing like a circle around my skull

From the Grand Coulee Dam to the Capitol

Idiot wind, blowing every time you move your teeth

You’re an idiot, babe

It’s a wonder that you still know how to breathe


I can’t feel you anymore, I can’t even touch the books you’ve read

Every time I crawl past your door, I been wishin’ I was somebody else instead

Down the highway, down the tracks, down the road to ecstasy

I followed you beneath the stars, hounded by your memory

And all your ragin’ glory


I been double-crossed now for the very last time and now I’m finally free

I kissed goodbye the howling beast on the borderline which separated you from me

You’ll never know the hurt I suffered nor the pain I rise above

And I’ll never know the same about you, your holiness or your kind of love

And it makes me feel so sorry


Idiot wind, blowing through the buttons of our coats

Blowing through the letters that we wrote

Idiot wind, blowing through the dust upon our shelves

We’re idiots, babe

It’s a wonder we can even feed ourselves






COMME UNE PIERRE QUI ROULE

 

 

Autrefois tu portais des vêtements très chics

tu jetais alors des pièces aux clochards, n’est-ce pas ?

Les gens te prévenaient, disaient « Prends garde poupée, tu finiras par tomber »

Tu pensais qu’ils plaisantaient

Tu t'en moquais

De ces gens qui traînaient`

Maintenant tu fais moins la fière

Quand tu dois quémander ton prochain dîner

 

Qu’est-ce que ça fait ?

Qu’est-ce que ça fait ?

De ne pas avoir de maison

Comme une parfaite inconnue

Comme une pierre qui roule

 

 

Tu es allée dans les meilleurs écoles, d’accord Miss Solitaire 

Mais tu sais, tu n’as fait que t’y droguer

Personne ne t’a jamais appris à vivre dans la rue 

Et maintenant tu découvres qu’il va falloir t’y faire

Tu dis que tu ne transiges jamais avec le clochard mystérieux

Mais maintenant tu te rends compte 

Qu’il ne vend pas d’alibis 

Alors que tu fixes le vide de ses yeux 

Et lui demandes voulez-vous faire affaire ?

 

Qu’est-ce que ça fait ?

Qu’est-ce que ça fait ?

De ne pas avoir de maison

Comme une parfaite inconnue

Comme une pierre qui roule

 

Tu ne t’es jamais retournée sur l’air sombre des jongleurs et des clowns

Quand ils venaient te faire leur numéro

Tu n’as jamais compris que tout cela ne vaut rien

Qu’il ne faut pas laisser les autres prendre des coup à ta place

Toi qui chevauchais ta monture chromée avec ton diplomate

Qui portait sur son épaule un chat siamois

Ce fut très dur n’est-ce pas, quand tu as découvert

Qu’il n’était vraiment pas là où il était

Après avoir tiré de toi tout ce qu’il pouvait voler

 

Qu’est-ce que ça fait ?

Qu’est-ce que ça fait ?

De ne pas avoir de maison

Comme une parfaite inconnue

Comme une pierre qui roule

 

Princesse à son clocher et tout ce joli monde

Qui boit et pense que c’est dans la poche

Qui échange de précieux cadeaux, des petits riens

Tu ferais mieux d’ôter ton anneau de diamant, et de le mettre au clou, ma petite

Tu avais l’habitude d’en rire

Du Napoléon en haillons et des mots qui allaient avec lui

Va à lui à présent, il t’appelle, tu ne peux pas dire non

Quand tu n’as rien tu n’as rien à perdre

Te voici invisible tu n’as aucun secret à cacher

 

Qu’est-ce que ça fait ?

Qu’est-ce que ça fait ?

De ne pas avoir de maison

Comme une parfaite inconnue

Comme une pierre qui roule

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LIKE A ROLLING STONE

 

Once upon a time you dressed so fine

You threw the bums a dime in your prime, didn’t you?

People’d call, say, “Beware doll, you’re bound to fall”

You thought they were all kiddin’ you

You used to laugh about

Everybody that was hangin’ out

Now you don’t talk so loud

Now you don’t seem so proud

About having to be scrounging for your next meal

 

How does it feel

How does it feel

To be without a home

Like a complete unknown

Like a rolling stone?

 

You’ve gone to the finest school all right, Miss Lonely

But you know you only used to get juiced in it

And nobody has ever taught you how to live on the street

And now you find out you’re gonna have to get used to it

You said you’d never compromise

With the mystery tramp, but now you realize

He’s not selling any alibis

As you stare into the vacuum of his eyes

And ask him do you want to make a deal?

 

How does it feel

How does it feel

To be on your own

With no direction home

Like a complete unknown

Like a rolling stone?

 

You never turned around to see the frowns on the jugglers and the clowns

When they all come down and did tricks for you

You never understood that it ain’t no good

You shouldn’t let other people get your kicks for you

You used to ride on the chrome horse with your diplomat

Who carried on his shoulder a Siamese cat

Ain’t it hard when you discover that

He really wasn’t where it’s at

After he took from you everything he could steal

 

How does it feel

How does it feel

To be on your own

With no direction home

Like a complete unknown

Like a rolling stone?

 

Princess on the steeple and all the pretty people

They’re drinkin’, thinkin’ that they got it made

Exchanging all kinds of precious gifts and things

But you’d better lift your diamond ring, you’d better pawn it babe

You used to be so amused

At Napoleon in rags and the language that he used

Go to him now, he calls you, you can’t refuse

When you got nothing, you got nothing to lose

You’re invisible now, you got no secrets to conceal

 

How does it feel

How does it feel

To be on your own

With no direction home

Like a complete unknown

Like a rolling stone?






SOUFFLÉE PAR LE VENT 

 

Combien de routes un homme doit-il parcourir

Avant que vous ne l'appeliez un homme ?

Oui, combien de mers une blanche colombe doit-elle traverser

Avant de s’endormir sur le sable ? 

Oui, combien de fois les boulets de canon doivent-ils voler

Avant d’être à jamais interdits ? 

La réponse, mon ami, est soufflée par le vent

La réponse est soufflée par le vent

 

Combien d’années une montagne peut-elle exister

Avant d’être emportée par la mer ? 

Oui, combien d’années des gens peuvent-ils exister 

Avant d’avoir le droit  d’être libres ? 

Oui, combien de fois un homme peut-il tourner la tête 

En prétendant  ne pas voir ? 

La réponse, mon ami, est soufflée par le vent

la réponse est soufflée par le vent

 

Combien de fois un homme doit-il lever les yeux 

Avant qu’il puisse voir le ciel ? 

Oui, et combien d’oreilles un homme doit-il avoir 

Avant qu'il puisse entendre les gens pleurer ? 

Oui, combien faudra-t-il de morts avant de savoir

Que de trop de gens sont morts ? 

La réponse, mon ami, est soufflée par le vent

la réponse est soufflée par le vent

 

BLOWIN’ IN THE WIND

 

How many roads must a man walk down

Before you call him a man?

Yes, ’n’ how many seas must a white dove sail

Before she sleeps in the sand?

Yes, ’n’ how many times must the cannonballs fly

Before they’re forever banned?

The answer, my friend, is blowin’ in the wind

The answer is blowin’ in the wind

 

How many years can a mountain exist

Before it’s washed to the sea?

Yes, ’n’ how many years can some people exist

Before they’re allowed to be free?

Yes, ’n’ how many times can a man turn his head

Pretending he just doesn’t see?

The answer, my friend, is blowin’ in the wind

The answer is blowin’ in the wind

 

How many times must a man look up

Before he can see the sky?

Yes, ’n’ how many ears must one man have

Before he can hear people cry?

Yes, ’n’ how many deaths will it take till he knows

That too many people have died?

The answer, my friend, is blowin’ in the wind

The answer is blowin’ in the wind






MONSIEUR TAMBOURIN



Hé ! monsieur tambourin, joue-moi un air

J’ai pas sommeil et nulle part où aller

Hé ! monsieur tambourin, joue-moi un air

Dans le tohu-bohu du matin je te suivrai


Bien que je sache que l’empire du soir

Est redevenu sable, a disparu de ma main

M’a planté là comme une vigie aveugle

Ma lassitude m'étonne, mes pieds sont marqués au fer rouge

Je n’attends personne

Et l’antique rue vide est trop morte pour rêver


Hé! monsieur tambourin, joue-moi un air

J’ai pas sommeil et nulle part où aller

Hé! monsieur tambourin, joue-moi un air

Dans le tohu bohu du matin je te suivrai


Embarque-moi sur ton bateau aux tourbillons magiques

Je suis privé de mes sens, mes mains ne peuvent agripper

Mes orteils sont trop engourdis pour faire un pas

Attendant seulement que vagabondent les talons de mes bottes

Je suis prêt à aller n’importe où, je suis prêt à me fondre

Dans ma propre parade. Lance sur moi le sortilège de ta danse

Je te promets de m'y soumettre


Hé! monsieur tambourin, joue-moi un air

J’ai pas sommeil et nulle part où aller


Hé! monsieur tambourin, joue-moi un air

Dans le tohu bohu du matin je te suivrai


Bien que tu puisses entendre les gens rire, tournoyer, se balancer follement au-delà du soleil

Ce n’est dirigé contre personne, c’est juste une cavale sans but

Et à part le ciel il n’y a aucune barrière à franchir

Et si tu entends de vagues traces de bobines de rimes

Sautillant en rythme, ce n’est qu’un clown en haillons derrière

Je n’y prêterais pas attention, c’est juste l’ombre que tu vois

Qu’il est en train de poursuivre


Hé! monsieur tambourin, joue-moi un air

J’ai pas sommeil et nulle part où aller

Hé! monsieur tambourin, joue moi un air

Dans le cahin caha du matin je te suivrai


Puis fais-moi disparaître dans les anneaux de fumée de mon âme

Sous les ruines brumeuses du temps

Bien au-delà des feuilles gelées, des arbres hantés effrayés

Dehors vers la plage venteuse, hors d’atteinte des serres du chagrin fou

Oui, danser sous le ciel de diamant en agitant une main libre

Silhouetté par la mer, entouré par les sables du cirque

Avec toute mémoire et tout destin engloutis profondément sous les vagues

Laisse-moi oublier aujourd’hui jusqu’à demain


Hé! monsieur tambourin, joue-moi un air

Je n’ai pas sommeil et nulle part où aller

Hé! monsieur tambourin, joue-moi un air

Dans le tohu bohu du matin, je te suivrai





 

MR TAMBOURINE MAN

 

Hey! Mr. Tambourine Man, play a song for me

I’m not sleepy and there is no place I’m going to

Hey! Mr. Tambourine Man, play a song for me

In the jingle jangle morning I’ll come followin’ you

 

Though I know that evenin’s empire has returned into sand

Vanished from my hand

Left me blindly here to stand but still not sleeping

My weariness amazes me, I’m branded on my feet

I have no one to meet

And the ancient empty street’s too dead for dreaming

 

Hey! Mr. Tambourine Man, play a song for me

I’m not sleepy and there is no place I’m going to

Hey! Mr. Tambourine Man, play a song for me

In the jingle jangle morning I’ll come followin’ you

 

Take me on a trip upon your magic swirlin’ ship

My senses have been stripped, my hands can’t feel to grip

My toes too numb to step

Wait only for my boot heels to be wanderin’

I’m ready to go anywhere, I’m ready for to fade

Into my own parade, cast your dancing spell my way

I promise to go under it

 

Hey! Mr. Tambourine Man, play a song for me

I’m not sleepy and there is no place I’m going to

Hey! Mr. Tambourine Man, play a song for me

In the jingle jangle morning I’ll come followin’ you

 

Though you might hear laughin’, spinnin’, swingin’ madly across the sun

It’s not aimed at anyone, it’s just escapin’ on the run

And but for the sky there are no fences facin’

And if you hear vague traces of skippin’ reels of rhyme

To your tambourine in time, it’s just a ragged clown behind

I wouldn’t pay it any mind

It’s just a shadow you’re seein’ that he’s chasing

 

Hey! Mr. Tambourine Man, play a song for me

I’m not sleepy and there is no place I’m going to

Hey! Mr. Tambourine Man, play a song for me

In the jingle jangle morning I’ll come followin’ you

 

Then take me disappearin’ through the smoke rings of my mind

Down the foggy ruins of time, far past the frozen leaves

The haunted, frightened trees, out to the windy beach

Far from the twisted reach of crazy sorrow

Yes, to dance beneath the diamond sky with one hand waving free

Silhouetted by the sea, circled by the circus sands

With all memory and fate driven deep beneath the waves

Let me forget about today until tomorrow

 

Hey! Mr. Tambourine Man, play a song for me

I’m not sleepy and there is no place I’m going to

Hey! Mr. Tambourine Man, play a song for me

In the jingle jangle morning I’ll come followin’ you



SOUFFLÉE PAR LE VENT 

 

Combien de routes un homme doit-il parcourir

Avant que vous ne l'appeliez un homme ?

Oui, combien de mers une blanche colombe doit-elle traverser

Avant de s’endormir sur le sable ? 

Oui, combien de fois les boulets de canon doivent-ils voler

Avant d’être à jamais interdits ? 

La réponse, mon ami, est soufflée par le vent

La réponse est soufflée par le vent

 

Combien d’années une montagne peut-elle exister

Avant d’être emportée par la mer ? 

Oui, combien d’années des gens peuvent-ils exister 

Avant d’avoir le droit  d’être libres ? 

Oui, combien de fois un homme peut-il tourner la tête 

En prétendant  ne pas voir ? 

La réponse, mon ami, est soufflée par le vent

la réponse est soufflée par le vent

 

Combien de fois un homme doit-il lever les yeux 

Avant qu’il puisse voir le ciel ? 

Oui, et combien d’oreilles un homme doit-il avoir 

Avant qu'il puisse entendre les gens pleurer ? 

Oui, combien faudra-t-il de morts avant de savoir

Que de trop de gens sont morts ? 

La réponse, mon ami, est soufflée par le vent

la réponse est soufflée par le vent

 

BLOWIN’ IN THE WIND

 

How many roads must a man walk down

Before you call him a man?

Yes, ’n’ how many seas must a white dove sail

Before she sleeps in the sand?

Yes, ’n’ how many times must the cannonballs fly

Before they’re forever banned?

The answer, my friend, is blowin’ in the wind

The answer is blowin’ in the wind

 

How many years can a mountain exist

Before it’s washed to the sea?

Yes, ’n’ how many years can some people exist

Before they’re allowed to be free?

Yes, ’n’ how many times can a man turn his head

Pretending he just doesn’t see?

The answer, my friend, is blowin’ in the wind

The answer is blowin’ in the wind

 

How many times must a man look up

Before he can see the sky?

Yes, ’n’ how many ears must one man have

Before he can hear people cry?

Yes, ’n’ how many deaths will it take till he knows

That too many people have died?

The answer, my friend, is blowin’ in the wind

The answer is blowin’ in the wind