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115 - ZOOM TSVETAÏEVA
POÈMES
Poème de la fin (extrait, 1924)
Je ne sais pas si c’est pour toujours,
Je ne sais pas si c’est pour l’éternité,
Mais je sais que je t’aime,
Et que je ne peux rien y faire.
Je ne sais pas si c’est la fin,
Je ne sais pas si c’est le début,
Mais je sais que je t’aime,
Et que je ne peux rien y faire.
Je ne sais pas si c’est la vie,
Je ne sais pas si c’est la mort,
Mais je sais que je t’aime,
Et que je ne peux rien y faire.
Je ne sais pas si c’est le jour,
Je ne sais pas si c’est la nuit,
Mais je sais que je t’aime,
Et que je ne peux rien y faire.
Je ne sais pas si c’est le bonheur,
Je ne sais pas si c’est le malheur,
Mais je sais que je t’aime,
Et que je ne peux rien y faire.
Lire la suite et le poème complet sur Poezibao ou dans Les Grands poèmes, Éditions des Syrtes, 2018.
Le Gars (extrait , 1936)
Il est là, mon gars, mon fils,
Mon sang, ma chair, mon amour,
Mon espoir, mon désespoir,
Mon rire, ma douleur.
Il est là, mon gars, mon fils,
Avec ses yeux clairs, son front haut,
Son rire qui perce les nuages,
Son silence qui pèse comme un fardeau.
Il est là, mon gars, mon fils,
Et je ne sais pas comment le sauver,
Comment le protéger de ce monde,
Comment lui donner un avenir.
Il est là, mon gars, mon fils,
Et je ne sais pas comment lui dire
Que la vie est une bataille,
Que le monde est un champ de ruines.
Il est là, mon gars, mon fils,
Et je ne sais pas comment lui apprendre
À aimer sans posséder,
À vivre sans se soumettre.
Lire la suite et le poème complet dans Les Grands poèmes, Éditions des Syrtes, 2018 ou sur Amazon.
Poème de l’escalier (extrait, 1926)
Je voudrais chanter l’escalier argenté,
Où chaque marche est un adieu,
Où chaque pas est un départ,
Où chaque regard est un aveu.
Je voudrais chanter l’escalier qui monte,
L’escalier qui descend, L’escalier qui tourne,
L’escalier qui s’enfuit.
Je voudrais chanter l’escalier de la vie,
Où chaque marche est un instant,
Où chaque pas est un choix,
Où chaque regard est un défi.
Je voudrais chanter l’escalier du temps,
Où chaque marche est un souvenir,
Où chaque pas est un oubli,
Où chaque regard est un espoir.
Je voudrais chanter l’escalier de l’amour,
Où chaque marche est un baiser,
Où chaque pas est une trahison,
Où chaque regard est un pardon.
[Lire la suite et le poème complet dans Les Grands poèmes, Éditions des Syrtes, 2018].
Tentative de jalousie (poème entier, 1913)
Et jour et nuit, voie orale ou écrite :
Pour mes « oui », « non » cinglants,
Du fait que si souvent – je suis trop triste,
Que je n’ai que vingt ans,
Du fait de mon pardon inévitable
Des offenses passées,
Pour toute ma tendresse incontenable
Et mon trop fier aspect,
Et la vitesse folle des temps forts,
Pour mon jeu, pour mon vrai…
— Écoutez-moi ! — Il faut m’aimer encore
Du fait que je mourrai.
8 décembre 1913
Lire le poème complet et d’autres extraits sur Babelio.
À Akhmatova (poème entier, 1916)
Et moi je t’offre ma ville où les cloches sonnent, Akhmatova, et je te donne aussi mon cœur. Moscou, 19 juin 1916
Et le soir, quelquefois, d’une mansarde à l’autre – Une flûte,
Et le flûtiste à la fenêtre. Et de grandes tulipes aux fenêtres.
Vous ne m’aimeriez, peut-être, même pas.
Mais je t’offre ce que j’ai de plus cher :
Ma ville natale, mon âme, mon sang,
Mon pain, mon sel, mon vin, mon pain,
Ma vie, ma mort, mon amour, ma haine.
Lire le poème complet et d’autres extraits sur le blog dédié à Tsvetaïeva.
PRÉSENTATION
Marina Ivanovna Tsvetaïeva (1892–1941) est l’une des plus grandes poétesses russes du XXe siècle. Son œuvre, marquée par une intensité lyrique et une liberté formelle, explore l’amour, la solitude, l’exil et la quête d’absolu. Née à Moscou, elle publie dès l’adolescence et vit une existence tourmentée, entre révolution, exil et retour tragique en URSS. Son suicide en 1941 clôt une vie de combat pour la poésie et la liberté.
BIBLIOGRAPHIE
- Les Grands poèmes, Éditions des Syrtes, 2018 (traduction Véronique Lossky)
- Poésie lyrique (1912–1941), Éditions des Syrtes, 2015
- Correspondance avec Rilke et Pasternak
- Le Gars, Poème de la fin, Poème de l’escalier (textes majeurs)