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PLACE AUX POÈMES

LIVRE ZOOM

302 - ZOOM PIZARNIK

Fragments pour dompter le silence (Extrait de L'Arbre de Diane)

« Faire le saut de soi-même dans l'inconnu. Le langage est un mur que je frappe avec ma tête. Derrière, il n'y a rien. Rien que le vent bleu qui emporte mes noms oubliés. Je n'écris pas pour dire, mais pour ne pas mourir de ce que je ne peux dire. »

https://fr.wikisource.org/wiki/Auteur:Alejandra_Pizarnik (Note : Ses textes sont principalement sous droits, ces liens mènent souvent à des études ou sélections autorisées).


La peur de l'ombre (Extrait de Les Travaux et les Nuits)

« Quelqu'un croit que le jour est fait pour vivre. Moi je sais qu'il est une attente de la nuit. Dans le noir, les mots reprennent leur forme d'animaux sauvages. Je cherche une phrase qui soit comme une maison, mais chaque voyelle me trahit, chaque consonne m'exile. Le souvenir est une blessure qui ne veut pas devenir une cicatrice. »

https://www.poemes-provence.com/alejandra-pizarnik-poemes/


L'enfance exilée (Extrait de L'Enfer musical)

« Petite fille de papier, égarée dans un jardin de fer. On m'a donné des jouets de cendre et des poupées de verre. Je me souviens de l'heure où le soleil était un ami, avant que la lumière ne devienne cette lame qui découpe mon visage. Écrire, c'est essayer de recoudre les morceaux de l'enfant que j'ai tuée. »

https://www.lyrikline.org/fr/poemes/alejandra-pizarnik-3351


Le Miroir de la Mélancolie (Extrait de La Comtesse sanglante)

« Le miroir ne rend pas l'image, il la dévore. Je me regarde et je vois une forêt en feu. Chaque souvenir est une pierre jetée dans un puits sans fond. Le passé n'est pas derrière moi, il est cette eau qui monte, qui m'étouffe et me force à chanter pour ne pas couler tout à fait. »

https://www.leshommessansepaules.com/auteur-Alejandra_PIZARNIK-218-1-1-0-1.html


Dernier poème (Retrouvé sur son tableau noir)

« Je ne veux pas aller / nulle part / sinon au fond. » « Ô mots, j'ai tout donné pour vous, et vous me laissez seule dans cette chambre sans fenêtres. La poésie est l'unique lieu où je respire, mais l'air y est si rare que je finis par m'étouffer. »



présentation


Alejandra Pizarnik (1936-1972), née de parents juifs russes émigrés en Argentine, est une figure mythique de la littérature hispanique. Proche d'Octavio Paz et de Julio Cortázar lors de ses années parisiennes, elle a construit une œuvre brève et incandescente. Son écriture est une lutte permanente contre la "maladie du langage".

Influencée par le surréalisme mais aussi par les romantiques allemands, elle utilise des images d'une violence feutrée (sang, nuit, miroirs brisés, poupées) pour dire l'impossibilité d'être au monde. Sa quête de pureté absolue l'a menée vers une poésie de plus en plus fragmentaire, presque aphasique. Sa fin tragique (suicide à 36 ans) a scellé son destin de "poète maudite" moderne, dont l'influence ne cesse de croître chez les lecteurs en quête d'une vérité sans concession.



bibliographie


  • Pizarnik, Alejandra, L'Arbre de Diane / Les Travaux et les Nuits, traduction de Claude Couffon, Gallimard, coll. Poésie, 2005.
  • Pizarnik, Alejandra, L'Enfer musical, traduction de Silvia Baron Supervielle, Ypsilon Éditeur, 2012.
  • Pizarnik, Alejandra, Journaux, traduction de Anne Picard, José Corti, 2010.
  • Baron Supervielle, Silvia, Alejandra Pizarnik, Seghers, coll. Poètes d'aujourd'hui, 1982.
  • Piña, Cristina, Alejandra Pizarnik : une biographie, Ediciones Corregidor, 1991.