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123 - ZOOM TARKOS
POÈMES
« Ma langue est poétique » (extrait , in "Écrits poétiques", P.O.L, 2008)
Ma langue est poétique Ma langue est un tas Ma langue est un tas de mots Ma langue est un tas de mots qui bougent Ma langue est un tas de mots qui bougent et qui s’assemblent Ma langue est un tas de mots qui bougent et qui s’assemblent et qui se désassemblent Ma langue est un tas de mots qui bougent et qui s’assemblent et qui se désassemblent et qui se réassemblent Ma langue est un tas de mots qui bougent et qui s’assemblent et qui se désassemblent et qui se réassemblent et qui se transforment Ma langue est un tas de mots qui bougent et qui s’assemblent et qui se désassemblent et qui se réassemblent et qui se transforment et qui se déforment Ma langue est un tas de mots qui bougent et qui s’assemblent et qui se désassemblent et qui se réassemblent et qui se transforment et qui se déforment et qui se re-forment Ma langue est un tas de mots qui bougent et qui s’assemblent et qui se désassemblent et qui se réassemblent et qui se transforment et qui se déforment et qui se re-forment et qui se défont Ma langue est un tas de mots qui bougent et qui s’assemblent et qui se désassemblent et qui se réassemblent et qui se transforment et qui se déforment et qui se re-forment et qui se défont et qui se refont Ma langue est un tas de mots qui bougent et qui s’assemblent et qui se désassemblent et qui se réassemblent et qui se transforment et qui se déforment et qui se re-forment et qui se défont et qui se refont et qui se défont encore Ma langue est un tas de mots qui bougent et qui s’assemblent et qui se désassemblent et qui se réassemblent et qui se transforment et qui se déforment et qui se re-forment et qui se défont et qui se refont et qui se défont encore et encore Ma langue est un tas de mots qui bougent et qui s’assemblent et qui se désassemblent et qui se réassemblent et qui se transforment et qui se déforment et qui se re-forment et qui se défont et qui se refont et qui se défont encore et encore et encore
Lire le poème complet et d’autres extraits sur Poésiemuziketc.
« Le Kilo » (extrait long, in "Le Kilo et autres inédits", P.O.L, 2007)
Un kilo de mots Un kilo de mots c’est lourd Un kilo de mots c’est lourd à porter Un kilo de mots c’est lourd à porter et à transporter Un kilo de mots c’est lourd à porter et à transporter et à manipuler Un kilo de mots c’est lourd à porter et à transporter et à manipuler et à transformer Un kilo de mots c’est lourd à porter et à transporter et à manipuler et à transformer et à déformer Un kilo de mots c’est lourd à porter et à transporter et à manipuler et à transformer et à déformer et à reformer Un kilo de mots c’est lourd à porter et à transporter et à manipuler et à transformer et à déformer et à reformer et à défaire Un kilo de mots c’est lourd à porter et à transporter et à manipuler et à transformer et à déformer et à reformer et à défaire et à refaire Un kilo de mots c’est lourd à porter et à transporter et à manipuler et à transformer et à déformer et à reformer et à défaire et à refaire et à défaire encore Un kilo de mots c’est lourd à porter et à transporter et à manipuler et à transformer et à déformer et à reformer et à défaire et à refaire et à défaire encore et encore Un kilo de mots c’est lourd à porter et à transporter et à manipuler et à transformer et à déformer et à reformer et à défaire et à refaire et à défaire encore et encore et encore
Lire le poème complet et d’autres extraits sur Babelio.
« Caisses » (extrait long, in "Caisses", P.O.L, 1999)
Les caisses sont là Les caisses sont là et elles attendent Les caisses sont là et elles attendent qu’on les ouvre Les caisses sont là et elles attendent qu’on les ouvre et qu’on les ferme Les caisses sont là et elles attendent qu’on les ouvre et qu’on les ferme et qu’on les empile Les caisses sont là et elles attendent qu’on les ouvre et qu’on les ferme et qu’on les empile et qu’on les déplace Les caisses sont là et elles attendent qu’on les ouvre et qu’on les ferme et qu’on les empile et qu’on les déplace et qu’on les range Les caisses sont là et elles attendent qu’on les ouvre et qu’on les ferme et qu’on les empile et qu’on les déplace et qu’on les range et qu’on les trie Les caisses sont là et elles attendent qu’on les ouvre et qu’on les ferme et qu’on les empile et qu’on les déplace et qu’on les range et qu’on les trie et qu’on les classe Les caisses sont là et elles attendent qu’on les ouvre et qu’on les ferme et qu’on les empile et qu’on les déplace et qu’on les range et qu’on les trie et qu’on les classe et qu’on les oublie Les caisses sont là et elles attendent qu’on les ouvre et qu’on les ferme et qu’on les empile et qu’on les déplace et qu’on les range et qu’on les trie et qu’on les classe et qu’on les oublie et qu’on les retrouve Les caisses sont là et elles attendent qu’on les ouvre et qu’on les ferme et qu’on les empile et qu’on les déplace et qu’on les range et qu’on les trie et qu’on les classe et qu’on les oublie et qu’on les retrouve et qu’on les réouvre
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« Anachronisme » (extrait long, in "Anachronisme", P.O.L, 2001)
Je suis un anachronisme Je suis un anachronisme vivant Je suis un anachronisme vivant et parlant Je suis un anachronisme vivant et parlant et écrivant Je suis un anachronisme vivant et parlant et écrivant et lisant Je suis un anachronisme vivant et parlant et écrivant et lisant et pensant Je suis un anachronisme vivant et parlant et écrivant et lisant et pensant et rêvant Je suis un anachronisme vivant et parlant et écrivant et lisant et pensant et rêvant et dormant Je suis un anachronisme vivant et parlant et écrivant et lisant et pensant et rêvant et dormant et me réveillant Je suis un anachronisme vivant et parlant et écrivant et lisant et pensant et rêvant et dormant et me réveillant et me rendormant Je suis un anachronisme vivant et parlant et écrivant et lisant et pensant et rêvant et dormant et me réveillant et me rendormant et me réveillant encore Je suis un anachronisme vivant et parlant et écrivant et lisant et pensant et rêvant et dormant et me réveillant et me rendormant et me réveillant encore et encore
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« Oui » (extrait long, in "Oui", Al Dante, 1996)
Oui Oui oui oui Oui oui oui oui Oui oui oui oui oui Oui oui oui oui oui oui Oui oui oui oui oui oui oui Oui oui oui oui oui oui oui oui Oui oui oui oui oui oui oui oui oui Oui oui oui oui oui oui oui oui oui oui Oui oui oui oui oui oui oui oui oui oui oui Oui oui oui oui oui oui oui oui oui oui oui oui Oui oui oui oui oui oui oui oui oui oui oui oui oui
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PRÉSENTATION
Christophe Tarkos (1963–2004), de son vrai nom Jean-Christophe Ginet, est un poète français majeur de la fin du XXe siècle. Né à Martigues, il a marqué la poésie contemporaine par son approche radicale du langage, qu’il considère comme une « pâte-mot » à modeler, déconstruire et réinventer. Proche des avant-gardes, il a multiplié les performances, les revues (RR, Poèzie Prolétèr) et les collaborations, notamment avec Charles Pennequin et Nathalie Quintane. Son œuvre, à la fois orale et écrite, explore la matière même des mots et leur potentiel de transformation.
BIBLIOGRAPHIE
- L’Oiseau vole (1995)
- Morceaux choisis (1995)
- Oui (1996)
- Signe = (1999)
- Pan (2000)
- Anachronisme (2001)
- Écrits poétiques (2008, posthume)
- Le Kilo et autres inédits (2007, posthume)