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PLACE AUX POÈMES

LIVRE ZOOM

297 - ZOOM HORACE

Zoom sur Horace (Rome Antique)

textes



Carpe Diem (Odes, I, 11)

Ne cherche pas à savoir, il est défendu de le connaître, quelle fin les dieux nous ont réservée, à moi et à toi, Leuconoé. Ne consulte pas les nombres de Babylone. Combien mieux vaut-il accepter ce qui doit arriver ! Que Jupiter t'accorde encore bien des hivers, ou que celui-ci soit le dernier. Sois sage, filtre tes vins, et, puisque le temps nous est compté, retranche tes longues espérances. Tandis que nous parlons, le temps jaloux s'est enfui. Cueille le jour présent (Carpe diem), et ne te fie pas au lendemain.

https://fr.wikisource.org/wiki/Odes_(Horace)/Livre_I/11


La brièveté de la vie (Odes, II, 14)

Hélas ! Postumus, Postumus, les années fugitives glissent, et la piété ne retardera ni les rides, ni la vieillesse qui presse, ni la mort indomptable. Il te faudra quitter tes terres, ta maison, et ta femme chérie ; de tous ces arbres que tu soignes, aucun, sauf le cyprès détesté, ne suivra son maître d'un jour.

https://fr.wikisource.org/wiki/Odes_(Horace)/Livre_II/14


L'exégèse de son œuvre (Odes, III, 30)

J’ai achevé un monument plus durable que l’airain, plus haut que les pyramides royales, que ni la pluie qui ronge, ni l’Aquilon impétueux ne pourront détruire, ni la suite innombrable des années, ni la fuite des temps. Je ne mourrai pas tout entier.

https://fr.wikisource.org/wiki/Odes_(Horace)/Livre_III/30


Le juste milieu (Odes, II, 10)

Tu vivras plus heureux, Licinius, en ne poussant pas toujours en pleine mer, et en ne serrant pas de trop près, par peur de la tempête, un rivage dangereux. Celui qui chérit le juste milieu (aurea mediocritas) évite la misère d'un toit délabré et la splendeur d'un palais qui attire l'envie.

https://fr.wikisource.org/wiki/Odes_(Horace)/Livre_II/10



Beatus ille (Épodes, II)


Heureux celui qui, loin des affaires, comme l'antique race des mortels, cultive de ses propres bœufs les champs de ses pères, libre de tout souci d'argent. Il ne s'éveille pas au son de la trompette guerrière, il ne redoute pas la mer en courroux, il évite le forum et les seuils orgueilleux des citoyens puissants.

https://fr.wikisource.org/wiki/Épodes_(Horace)/2




présentation


Horace (65 - 8 av. J.-C.) est le maître de la forme et de la philosophie du bonheur. Fils d'affranchi devenu le protégé de Mécène et l'ami d'Auguste, il a chanté la paix retrouvée après les guerres civiles. Sa poésie est un mélange subtil d'épicurisme (le plaisir de l'instant) et de stoïcisme (l'acceptation du destin). Il est l'homme de la "médiocrité d'or", cherchant la sagesse dans le retrait à la campagne (sa villa de la Sabine) et la célébration des joies simples : l'amitié, le vin et la poésie.


bibliographie

  • Horace, Odes et Épodes, traduction de François Villeneuve, Les Belles Lettres, collection Budé, 1927.
  • Horace, Art poétique, traduction de Léon Herrmann, Latomus, 1951.
  • Romilly, Jacqueline de, Pourquoi la Grèce ? (pour le lien entre lyrisme grec et latin), de Fallois, 1992.
  • Chevallier, Raymond, Horace, SEDES, 1988.