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PLACE AUX POÈMES

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116 - ZOOM PRÉVERT

POÈMES



Barbara (poème entier, in "Paroles", 1946)

Rappelle-toi Barbara Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là Et tu marchais souriante Épanouie ravie ruisselante Sous la pluie

Rappelle-toi Barbara Il pleuvait sans cesse sur Brest Et je t’ai croisée rue de Siam Tu souriais Et moi j’ai souri de même

Rappelle-toi Barbara Toi que je ne connaissais pas Toi qui ne me connaissais pas Rappelle-toi Rappelle-toi quand même ce jour-là N’oublie pas Un homme sous un porche s’abritait Et il a crié ton nom Barbara Et tu as couru vers lui sous la pluie Ruisselante ravie épanouie Et tu t’es jetée dans ses bras Rappelle-toi cela Barbara Et ne m’en veux pas si je te tutoie Je dis tu à tous ceux que j’aime Même si je ne les ai vus qu’une seule fois Je dis tu à tous ceux qui s’aiment Même si je ne les connais pas

Rappelle-toi Barbara N’oublie pas Cette pluie sage et heureuse Sur ton visage heureux Sur cette ville heureuse Cette pluie sur la mer Sur l’arsenal Sur le bateau d’Ouessant Oh Barbara Quelle connerie la guerre Qu’es-tu devenue maintenant Sous cette pluie de fer De feu d’acier de sang Et celui qui te serrait dans ses bras Amoureusement Est-il mort disparu ou bien encore vivant Oh Barbara Il pleut sans cesse sur Brest Comme il pleuvait avant Mais ce n’est plus pareil et tout est abîmé C’est une pluie infinie Sur un petit arbre mort Avec tout le printemps Tout le printemps mort avec lui

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Déjeuner du matin (poème entier, in "Paroles", 1946)

Il a mis le café Dans la tasse Il a mis le lait Dans la tasse de café Il a mis le sucre Dans le café au lait Avec la petite cuillère Il a tourné Il a bu le café au lait Et il a reposé la tasse Sans me parler

Il a allumé Une cigarette Il a fait des ronds Avec la fumée Il a mis les cendres Dans le cendrier Sans me parler Sans me regarder

Il s’est levé Il a mis Son chapeau sur sa tête Il a mis son manteau de pluie Parce qu’il pleuvait Et il est parti Sous la pluie Sans une parole Sans me regarder Et moi j’ai pris Ma tête dans ma main Et j’ai pleuré

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Je suis comme je suis (poème entier, in "Paroles", 1946)

Je suis comme je suis Je suis faite comme ça Quand j’ai envie de rire Oui je ris aux éclats J’aime celui qui m’aime Est-ce ma faute à moi Si ce n’est pas le même Que j’aime chaque fois

Je suis comme je suis Je suis faite comme ça Que voulez-vous de plus Que voulez-vous que j’y fasse Si je ne vous plais pas Je n’y peux rien non plus

Je suis comme je suis Je suis faite comme ça Que voulez-vous de plus Que voulez-vous que j’y fasse Si je ne vous plais pas Je n’y peux rien non plus

Je suis comme je suis Je suis faite comme ça Que voulez-vous de plus Que voulez-vous que j’y fasse Si je ne vous plais pas Je n’y peux rien non plus

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La Grasse Matinée (poème entier, in "Paroles", 1946)

Je suis seul au monde Et je m’en fous Je suis seul au monde Et je m’en fiche Je suis seul au monde Et je m’en balance Je suis seul au monde Et je m’en tape Je suis seul au monde Et je m’en bats l’œil Je suis seul au monde Et je m’en lave les mains

Je suis seul au monde Et je m’en vais Je suis seul au monde Et je m’en viens Je suis seul au monde Et je m’en retourne Je suis seul au monde Et je m’en reste

Je suis seul au monde Et je m’en ris Je suis seul au monde Et je m’en ris Je suis seul au monde Et je m’en ris

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Chasse à l’enfant (poème entier, in "Paroles", 1946)

Un jour de l’an quarante À l’heure de l’enterrement Un enfant s’échappa Du cortège des vivants

Il avait dans les yeux des fleurs des bougies Et des oiseaux morts Et il courait Il courait plus vite que les balles Plus vite que les soldats Plus vite que la peur

Il courait il courait Il était nu sous la pluie Il était nu dans le vent Il était nu dans la neige Et il n’avait pas froid

Il courait il courait Il était nu sous les bombes Il était nu sous les obus Il était nu sous les avions Et il n’avait pas peur

Il courait il courait Il était nu dans la nuit Il était nu dans le jour Il était nu dans la vie Et il n’avait pas honte

Il courait il courait Il était nu dans la mort Il était nu dans l’amour Il était nu dans l’espoir Et il n’avait pas faim

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PRÉSENTATION


Jacques Prévert (1900–1977) est l’un des poètes français les plus populaires du XXe siècle. Né à Neuilly-sur-Seine, il s’impose par son langage familier, son humour et son engagement humaniste. Son recueil Paroles (1946) est un chef-d’œuvre de la poésie moderne, mêlant tendresse, révolte et simplicité. Prévert a aussi marqué le cinéma comme scénariste, collaborant notamment avec Marcel Carné.


BIBLIOGRAPHIE


  • Paroles (1946)
  • Spectacle (1951)
  • La Pluie et le beau temps (1955)
  • Histoires (1963)
  • Fatras (1971)
  • Choses et autres (1973)