La
page
blanche

Le dépôt

PLACE AUX POÈMES

LIVRE ZOOM

337 - ZOOM SHELLEY

Textes



Ozymandias « J'ai rencontré un voyageur d'une terre antique / Qui m'a dit : "Deux jambes de pierre immenses et sans tronc / Se dressent dans le désert. Près d'elles, sur le sable, / À moitié enfoui, gît un visage brisé dont le sourcil froncé, / La lèvre serrée et le rictus de froide domination / Disent que son sculpteur sut lire ces passions / Qui survivent encore, gravées sur ces choses sans vie, / À la main qui les moqua et au cœur qui les nourrit. / Et sur le piédestal, ces mots apparaissent : / 'Mon nom est Ozymandias, Roi des Rois : / Voyez mon œuvre, ô Puissants, et désespérez !' / Rien d'autre ne subsiste. Autour de la ruine / De cette colossale épave, bornés et nus, / Les sables solitaires et plats s'étendent au loin." » https://fr.wikisource.org/wiki/Ozymandias



Ode au Vent d'Ouest (Partie V) « Fais de moi ta lyre, comme la forêt l’est aussi : / Qu’importe si mes feuilles tombent comme les siennes ! / Le tumulte de tes puissantes harmonies / Tirera de nous deux un profond ton d'automne, / Douce quoique triste. Sois, esprit farouche, / Mon esprit ! Sois moi-même, ô impétueux ! / Chasse mes pensées mortes à travers l'univers / Comme des feuilles fanées pour hâter une nouvelle naissance ! / Et par l'incantation de ce vers, / Disperse, comme d'un foyer non éteint / Les cendres et les étincelles, mes paroles parmi l'humanité ! / Sois par ma bouche, pour la terre qui ne s'éveille pas, / La trompette d'une prophétie ! Ô Vent, / Si l'Hiver vient, le Printemps peut-il être loin derrière ? » https://fr.wikisource.org/wiki/Ode_au_vent_d’ouest



Prométhée délivré (Acte IV, Final) « Souffrir des maux que l'Espoir croit infinis ; / Pardonner des torts plus sombres que la mort ou la nuit ; / Défier le Pouvoir qui semble omnipotent ; / Aimer et s'armer de constance jusqu'à ce que l'Espoir crée / De son propre naufrage la chose qu'il contemple ; / ni changer, ni faiblir, ni se repentir ; / Ceci, comme la gloire de ton Titan, / Est d'être bon, grand et joyeux, beau et libre ; / Ceci seul est la Vie, la Joie, l'Empire et la Victoire. » https://archive.org/details/promtheedlivr00shel



À une alouette (To a Skylark) « Salut à toi, esprit joyeux ! / Oiseau, tu ne le fus jamais, / Toi qui, du Ciel ou de ses proches confins, / Épanches ton cœur plein / En profusions d'art non prémédité. / [...] Plus haut encore et plus haut / Tu surgis de la terre, / Comme un nuage de feu ; / Tu parcours l'azur profond, / Et chantant tu t'élèves, et t'élevant tu chantes encore. » https://www.poeticous.com/shelley/to-a-skylark?locale=fr



Adonaïs (Élégie sur la mort de John Keats, extrait) « Il n'est pas mort, il ne dort pas / Il s'est éveillé du rêve de la vie / C'est nous qui, perdus dans des visions orageuses, / Menons avec les fantômes un combat inutile. / [...] L'Un demeure, les multiples changent et passent ; / La lumière du Ciel brille éternellement, les ombres de la Terre s'enfuient ; / La Vie, comme un dôme de verre aux multiples couleurs, / Tache la blanche radiance de l'Éternité, / Jusqu'à ce que la Mort le brise en morceaux. » https://fr.wikisource.org/wiki/Adonaïs



Présentation


Percy Bysshe Shelley est le « poète des poètes » du romantisme anglais. Athée militant, républicain radical et pacifiste avant l'heure, il a vécu sa courte vie (mort par noyade à 29 ans) comme une quête incandescente de liberté et de beauté absolue. Sa poésie est caractérisée par une fluidité aérienne et une intensité métaphorique presque insaisissable.

Contrairement à la structure organique de Coleridge ou au naturalisme de Wordsworth, Shelley pratique une poésie de l'abstraction lyrique. Il utilise les éléments (le vent, les nuages, l'eau) non comme des décors, mais comme des symboles du changement révolutionnaire et de l'énergie vitale. Sa philosophie, influencée par Platon, voit dans le monde sensible un voile qui cache une réalité plus pure, celle de l'Amour et de l'Idée, que seule la poésie peut entrevoir.



Bibliographie