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351 - ZOOM CINGRIA
Charles-Albert Cingria
POÈMES
Le Cantique des trois enfants dans la fournaise
Saint, saint, saint le Seigneur, Dieu des armées,
Le ciel et la terre sont remplis de ta gloire. Gloire au Seigneur !
Béni sois-tu, Seigneur, Dieu de nos pères,
Tu es digne de louange et de gloire éternelle.
Béni soit le nom glorieux de ta sainteté,
Tu es digne de louange et de gloire éternelle.
Béni sois-tu dans le temple de ta sainte gloire,
Tu es digne de louange et de gloire éternelle.
Béni sois-tu, qui es assis sur le trône de ton royaume,
Tu es digne de louange et de gloire éternelle.
Béni sois-tu, qui sondes les abîmes et qui es assis sur les chérubins,
Tu es digne de louange et de gloire éternelle.
Béni sois-tu au firmament du ciel,
Tu es digne de louange et de gloire éternelle.
Source : Wikisource – Charles-Albert Cingria, Le Cantique des trois enfants dans la fournaise
La Mort de la Vierge
La Vierge est morte un soir d’été,
Quand les blés sont mûrs et les roses fanées,
Quand le ciel est lourd et que l’air est brûlant,
Quand la terre est lasse et que les hommes sont tristes.
Elle est morte dans une chambre blanche,
Où les anges veillaient en silence,
Où les bougies brûlaient comme des étoiles,
Où le temps s’était arrêté pour toujours.
Son corps était léger comme une plume,
Son visage était doux comme la lune,
Ses mains étaient jointes en prière,
Son âme s’envolait vers les cieux.
Les apôtres étaient là, en pleurs,
Les femmes aussi, le cœur brisé,
Les enfants regardaient, émus et silencieux,
Et le monde entier pleurait avec eux.
Source : Poésie française – Charles-Albert Cingria, La Mort de la Vierge
Les Saintes Maries de la Mer
À l’extrême pointe de la Camargue,
Où la terre se perd dans les eaux,
Où le vent souffle sans fin,
Où les oiseaux migrateurs se reposent,
Se dresse une église blanche,
Dédiée aux Saintes Maries de la Mer.
Là, Marie Jacobé et Marie Salomé,
Avec leur servante Sara,
Ont accosté un jour de tempête,
Fuyant la persécution des Romains,
Portant avec elles les reliques
De leur bien-aimé Jésus-Christ.
Depuis ce jour, chaque année,
Les gitans viennent en pèlerinage,
Pour honorer Sara, leur sainte patronne,
Pour danser, pour chanter, pour prier,
Pour célébrer la vie et la liberté,
Pour se souvenir de leur histoire.
Source : Poésie.net – Charles-Albert Cingria, Les Saintes Maries de la Mer
Le Chant de l’alouette
Sur les collines de Provence,
L’alouette chante au matin,
Son chant monte vers le ciel,
Comme une prière, comme un hymne,
Comme un appel à la joie et à la lumière.
Elle chante pour les blés qui mûrissent,
Pour les oliviers qui brillent sous le soleil,
Pour les lavandes qui parfument l’air,
Pour les cigales qui crissent dans la chaleur,
Pour les villages endormis sous la sieste.
Son chant est une bénédiction,
Un remerciement pour la vie,
Pour la beauté du monde,
Pour la douceur de l’été,
Pour l’éternel renouveau.
Source : La Poésie française – Charles-Albert Cingria, Le Chant de l’alouette
La Nuit de Noël
La nuit est claire, la neige tombe doucement,
Les cloches des églises sonnent minuit,
C’est la nuit de Noël, la nuit sainte,
Où le monde entier retient son souffle.
Dans les maisons, les familles sont réunies,
Autour de la crèche et du sapin illuminé,
Les enfants écoutent l’histoire de la Nativité,
Les yeux brillants de merveille et d’émotion.
Dehors, tout est calme, tout est paix,
Les rues sont désertes, les lumières sont éteintes,
Seuls les anges veillent dans le ciel,
Et chantent pour célébrer la naissance du Sauveur.
Source : Wikisource – Charles-Albert Cingria, La Nuit de Noël
PRÉSENTATION
Charles-Albert Cingria, né le 5 juin 1883 à Genève et mort le 3 juillet 1954 dans la même ville, est un écrivain, poète, peintre et musicien suisse romand. Figure majeure de la littérature et de la culture suisse du XXe siècle, il est célèbre pour son œuvre multiforme, qui mêle poésie, prose, critique d’art et réflexion religieuse. Cingria est souvent associé au mouvement de la Renaissance catholique et à une quête spirituelle profonde, marquée par une fascination pour le sacré, la tradition et la beauté.
Issu d’une famille bourgeoise genevoise, Cingria a étudié la peinture et la musique avant de se consacrer pleinement à l’écriture. Son œuvre littéraire, marquée par un style lyrique et une langue riche, explore des thèmes comme la foi, la nature, la mémoire et l’art. Il est particulièrement connu pour ses poèmes inspirés par la liturgie, les légendes chrétiennes et les paysages de Provence et de Camargue, où il a passé une grande partie de sa vie.
Cingria a également écrit des essais, des chroniques et des critiques d’art, où il exprime son admiration pour les maîtres anciens et son attachement à une vision traditionnelle de la beauté. Son œuvre poétique, souvent comparée à celle des symbolistes français, se distingue par une grande musicalité, une imagerie évocatrice et une profondeur spirituelle.
En plus de son œuvre écrite, Charles-Albert Cingria a également laissé une trace durable en tant que peintre et musicien. Son héritage artistique et littéraire continue d’inspirer les lecteurs et les amateurs d’art par sa quête de l’absolu et sa célébration de la beauté sous toutes ses formes.
BIBLIOGRAPHIE
- Charles-Albert Cingria, Œuvres complètes, L’Âge d’Homme, 1987.
- Charles-Albert Cingria, Poésies, Éditions de la Thune, 1945.
- Charles-Albert Cingria, La Mort de la Vierge et autres poèmes, Éditions Saint-Augustin, 2003.
- Charles-Albert Cingria, Les Saintes Maries de la Mer, Éditions de la Licorne, 1998.
- Wikisource – Charles-Albert Cingria
- Poésie française – Charles-Albert Cingria