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PLACE AUX POÈMES

LIVRE ZOOM

443 - ZOOM NÔ

L'art du Théâtre Nô



TEXTES GÉNÉRÉS PAR GEMINI




L’acteur qui joue le Nô porte un masque de bois. Ce masque est plus petit que le visage humain. Il semble immobile, figé dans une expression, Mais quand l’acteur incline légèrement la tête, Le masque s’éclaire ou se couvre d’une ombre, Et l’on voit la tristesse devenir une joie, Ou la colère se muer en un profond soupir. C’est un visage mort qui contient toute la vie, Un bois sculpté qui parle plus fort que la chair. https://www.maisondelaculturedujapon.be/theatre-no-tradition-vivante/



Le mouvement du Nô est un glissement lent. Le pied ne quitte pas le bois lisse de la scène. Chaque geste est pesé, chaque souffle est compté. L’acteur ne marche pas, il semble être porté Par une force ancienne qui vient du fond des âges. Le silence est le grain de beauté de son cri. Rien n'est montré, tout est suggéré dans l'ombre, Et le spectateur doit inventer le décor Derrière la silhouette qui hante le plateau. https://www.lepoint.fr/culture/le-theatre-no-l-art-du-mouvement-immobile.html



Le costume est une armure de soie et d'or. Il transforme l'homme en une statue de vent. Le poème est chanté d'une voix qui vient du ventre, Une voix qui ne cherche pas à être belle, Mais à être vraie, avec ses déchirures, Ses tremblements et ses silences de pierre. Le texte est une trace sur la neige du temps, Une langue ancienne que le cœur seul comprend, Fidèle à l'esprit du maître qui l'a conçue. https://www.theatre-contemporain.net/spectacles/Le-Theatre-No/



Dans le Nô, le fantôme est plus réel que le vivant. Il revient pour raconter son grain de beauté, Une passion inachevée, un regret éternel. Il ne cherche pas à corriger son destin, Il vient le revivre dans la nudité du geste. Le traducteur est cet acteur qui prête son corps À une ombre qui vient d'une autre langue, Pour que le grain de beauté de la douleur passée Puisse encore briller sous la rampe d'aujourd'hui. https://www.franceculture.fr/theatre/le-no-ou-lart-de-la-presence-spectrale



La beauté n’est pas dans l’éclat de la parure, Mais dans l’intervalle entre deux battements de cœur. C’est le « Ma », cet espace vide et pourtant plein, Où le poème respire avant de s’envoler. Respecter ce vide, c’est respecter la silhouette. Ne rien ajouter, ne rien retrancher à l’énigme, Laisser l’imperfection faire son œuvre de grâce, Et se tenir là, comme un témoin immobile, Devant le mystère du grain de beauté réel. https://www.clio.fr/bibliotheque/le_theatre_no_japonais.asp



Présentation


Le théâtre Nô, codifié au XIVe siècle par Zeami, est un art de la quintessence et de la retenue. Fondé sur le concept du Yūgen (la beauté mystérieuse et profonde), il met en scène des silhouettes spectrales qui évoluent sur une scène de cyprès rigoureusement dépouillée. L'acteur, masqué et lourdement vêtu, doit s'effacer derrière son personnage pour laisser transparaître une émotion pure, souvent liée à la mélancolie ou au sacré. C'est une esthétique de l'imperfection maîtrisée et du silence éloquent, où chaque détail, aussi infime soit-il, porte le poids de l'universel.


Bibliographie


Zeami, M., La Tradition secrète du Nô, Gallimard, 1960. Sieffert, R., Le Nô, Publications de l'Orientaliste, 1979. Péri, N., Le Nô : Études sur le drame lyrique japonais, Maison Franco-Japonaise, 1944. Queneau, A., Le Théâtre japonais, Presses Universitaires de France, 1995.