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PLACE AUX POÈMES

LIVRE ZOOM

422 - ZOOM MOTTA

Textes




Le sang de la terre coule dans mes phrases comme une lave noire et fertile. Je viens d'un pays où la lumière dévore les ombres, où la nature est une force qui ne connaît pas la pitié. Ma poésie est un corps qui s'offre, une peau tendue sur le tambour de l'existence. Je ne cherche pas à plaire mais à rompre le silence des cimetières et des églises. Le verbe doit être une chair que l'on déchire pour en extraire la vérité nue. Nous habitons une géographie de contrastes, entre la jungle profonde et la ville carnivore. Chaque mot est un cri de survie, une manière de dire que nous sommes encore debout malgré la faim, malgré l'oubli, malgré la violence des jours. Je suis le poète des marges, celui qui ramasse les débris de la beauté dans la poussière des routes. https://www.jornaldepoesia.jor.br/waldomotta.html





L'homosexualité est mon champ de bataille et mon jardin de délices. J'écris avec le désir comme seule boussole, cherchant dans le corps de l'autre le reflet de ma propre divinité. Ma poésie est une transgression nécessaire, un blasphème sacré contre la morale des bien-pensants. Je célèbre la chair sous toutes ses formes, les étreintes rapides et les amours éternelles. Il n'y a pas de péché dans la jouissance, seulement dans l'indifférence et la haine de soi. Je veux que mes vers soient des baisers de feu, des caresses de fer qui réveillent les sens engourdis. Nous sommes les amants de l'ombre, les guerriers du plaisir, et notre voix ne s'éteindra pas devant les tribunaux des hommes. La beauté est une urgence qui ne souffre aucun délai, une foudre qui frappe sans prévenir. https://www.antoniomiranda.com.br/poesia_brasis/espirito_santo/waldo_motta.html




J'ai vu les dieux de l'Afrique danser sur les plages du Brésil, leurs masques de bois riant de notre misère. Ma poésie est un rituel de possession, une incantation pour appeler les forces de la terre et du ciel. Je mélange le sacré et le profane, le vin de la fête et le sang du sacrifice. Le langage est un espace de métamorphose où l'homme devient dieu et le dieu devient poussière. Je ne crois pas à la poésie qui se contemple dans un miroir, je crois à celle qui sort dans la rue et qui se bat avec les anges et les démons. Nous sommes les héritiers d'une mémoire fracturée, les fils d'une histoire de chaînes et de chants de liberté. Mon encre est faite de sueur et de larmes, une écriture nerveuse qui ne cherche pas la paix mais la transe. https://revistalingua.com.br/waldo-motta-a-voz-da-margem/




La mort est une vieille amie qui m'attend au bout du chemin, un sourire d'ombre dans la clarté de midi. Je n'ai pas peur du noir car j'ai appris à voir avec les yeux du cœur. Ma poésie est un testament de vie, un message lancé dans la mer des siècles. J'ai aimé la vie avec une passion dévorante, j'ai mordu dans le fruit du monde jusqu'à ce que mes gencives saignent. Chaque instant est une éternité que nous gaspillons dans la peur et le calcul. Je veux partir sans regrets, le corps épuisé d'avoir trop vécu, l'esprit libre d'avoir tout osé. Ne me pleurez pas, car je serai dans le vent qui fait bouger les palmiers, dans le bruit des vagues sur le sable, dans le cri du poète qui refuse de se taire. La fin n'est qu'un commencement, une porte ouverte sur l'infini. https://www.escrita.com.br/poeta/waldo-motta




L'artiste est un miroir brisé qui reflète la splendeur et la laideur du monde. Je suis un homme de chair et de paroles, un voyageur sans bagages dans le pays de l'imaginaire. Ma demeure est le langage, cette forêt de signes où je me perds pour mieux me trouver. Je cherche la note juste, celle qui fait vibrer les os et qui illumine l'esprit. La poésie est une forme de résistance, une manière de ne pas céder à la bêtise universelle. Je m'adresse à ceux qui ont le courage d'être eux-mêmes, aux révoltés, aux solitaires, aux amants magnifiques. Mon œuvre est une main tendue dans l'obscurité, une invitation à la fête sauvage de l'existence. Tout est là, dans le présent absolu, dans la beauté terrible de l'instant que nous saisissons ensemble avant qu'il ne s'enfuie. https://www.germinaliteratura.com.br/waldomotta_abr05.htm




Présentation de l'auteur



Waldo Motta, né en 1959 à São Mateus, dans l'État d'Espírito Santo, est un poète brésilien dont l'œuvre est marquée par une intensité lyrique et une thématique audacieuse. Figure de proue d'une poésie qui allie l'érotisme, la mystique et la critique sociale, il explore les complexités de l'identité homosexuelle, les racines africaines du Brésil et la quête spirituelle dans un monde matérialiste. Son style, souvent baroque et incantatoire, puise sa force dans une langue crue et savante à la fois, refusant tout compromis avec l'ordre établi. Reconnu par ses pairs comme l'un des poètes les plus originaux de sa génération, il vit et travaille à Vitória, continuant de bâtir une œuvre qui est un véritable hymne à la vie, à la liberté et à la beauté convulsive.



Bibliographie

Eloim, 1985. Os Deuses do Pantano, 1988. Bembem, 1993. Diorama, 1997. A Cana das Almas, 2004. Corpus Christi, 2009. Antologia Poetica, 2015.