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PLACE AUX POÈMES

LIVRE ZOOM

514 - ZOOM SIEFERT

POÈMES



« Le Cimetière de Montmartre » (Rayons perdus, 1868) Les morts dorment sous les ifs noirs, Le vent pleure au bord des tombes, Et les cyprès, grands et sombres, Ont l’air de veiller sur les ombres.

Les morts dorment, mais dans leur nuit, Un rêve étrange les poursuit : C’est l’amour, c’est l’espoir, c’est la vie, Qui frémit encore en leur génie.

Les morts dorment, mais dans leur cœur, Un écho vibre, un chant d’honneur, Et parfois, quand le soir descend, On croit entendre un long gémissement.

(Lien vers le recueil complet sur Gallica)


« À Victor Hugo » (Rayons perdus, 1868) Maître, quand votre voix puissante S’élève au milieu des combats, On dirait qu’une âme absente Revient pour bénir nos climats.

Votre parole est une flamme, Votre regard est un éclair ; Vous êtes l’homme, et votre âme Est le soleil de l’avenir.

Vous êtes le prophète ardent Qui voit l’aube à travers l’ombre, Et dont le front rayonnant Éclaire le monde et le sombre.

(Lien vers le recueil complet sur Gallica)


« Les Stoïques » (Les Stoïques, 1870) Nous sommes les stoïques, nous qui souffrons sans plainte, Nous qui portons nos maux comme un lourd diadème, Sans que jamais un soupir trahisse notre tourmente, Sans que jamais un regard avoue que nous aimons.

Nous sommes les stoïques, nous qui marchons en silence, Nous qui cachons nos pleurs sous un sourire amer, Nous qui gardons au fond de l’âme une espérance, Et qui mourons sans avoir pu la réaliser.

Nous sommes les stoïques, nous qui rêvons d’un monde Où l’amour serait pur, où la vie serait douce, Où les cœurs s’uniraient sans que rien les confonde, Où les âmes s’aimeraient sans jamais se dédire.

(Lien vers le recueil sur Wikisource)


« L’Année républicaine » (L’Année républicaine, 1872) Janvier, mois des neiges et des vents, Février, mois des frimas, Mars, mois des bourgeons tremblants, Avril, mois des lilas.

Mai, mois des roses et des chants, Juin, mois des blés mûrs, Juillet, mois des soleils brûlants, Août, mois des fruits sûrs.

Septembre, mois des vendanges, Octobre, mois des brumes, Novembre, mois des feuilles mortes, Décembre, mois des fumées.

(Lien vers le recueil sur Wikisource)


« Souvenirs » (Rayons perdus, 1868) Je me souviens des soirs d’été, Des bois, des champs, des fleurs, Des rêves qui m’ont enchanté, Des pleurs et des douleurs.

Je me souviens des voix chéries, Des yeux qui m’ont souri, Des mains qui m’ont caressée, Et qui ne sont plus là.

Je me souviens des matins clairs, Des baisers, des serments, Des espoirs, des désespoirs, Et des adieux sanglots.

(Lien vers le recueil complet sur Gallica)



PRÉSENTATION


Louisa Siefert (1845–1877), née à Lyon et morte à Pau, est une poétesse française du XIXe siècle, souvent associée au Parnasse et au romantisme tardif. Issue d’une famille protestante, elle est marquée par une santé fragile et une vie brève, mais son œuvre, empreinte de douleur, de spiritualisme, et de sensibilité, a connu un succès immédiat dès la parution de son premier recueil, Rayons perdus (1868). Ce recueil, salué par Victor Hugo et Arthur Rimbaud, est considéré comme un chef-d’œuvre de la poésie féminine de l’époque.

Son style, précis et réaliste, explore les thèmes de l’amour déçu, de la souffrance, et de la nature, avec une clarté et une vivacité qui ont marqué ses contemporains. Siefert a également écrit des pièces de théâtre, un roman, et de nombreux articles littéraires, mais c’est sa poésie qui reste la plus célèbre. Son œuvre est souvent comparée à celle de Marceline Desbordes-Valmore et de Madame Blanchecotte pour sa profondeur émotionnelle et sa finesse d’expression.

Louisa Siefert est également connue pour sa correspondance avec des figures littéraires majeures, ainsi que pour son engagement républicain, visible dans des recueils comme L’Année républicaine. Malgré une vie courte, son héritage poétique continue d’inspirer, notamment grâce à des rééditions récentes de ses œuvres.



BIBLIOGRAPHIE


  • Louisa Siefert, Rayons perdus, Alphonse Lemerre, 1868 (lire en ligne).
  • Louisa Siefert, Les Stoïques, Alphonse Lemerre, 1870 (lire en ligne).
  • Louisa Siefert, L’Année républicaine, Alphonse Lemerre, 1872 (lire en ligne).
  • Louisa Siefert, Souvenirs rassemblés par sa mère, Alphonse Lemerre, 1881.
  • Louisa Siefert, Rayons perdus, Nouvelle édition, Neoclassica, 2022 (lire en ligne).