Le dépôt
628 - ZOOM TORTEL
POÈMES
- Phrases pour un orage On n’est pas heureux Sous l’azur fragile. En ce jardin je sais je ne sais quoi. Les feuilles sont un peu plus larges, Un peu moins vertes que leur nom. L’azur enfante l’ombre (Le fruit de sa pourriture). La terre aborde son silence Qui l’attendait.
- Instants qualifiés Ce qui était noir Ce qui était noir Et tremblait Proche de sa fin.
- Limites du regard Extrait : Le blanc, les marges, la ponctuation, Des structures syntaxiques disjointes Sont des éléments qui interviennent Dans le vers tortélien.
- Cheveux bleus Extrait : Cheveux bleus, premier recueil, Où l’économie verbale Se fait espace du dire.
- Les villes ouvertes Extrait : Le poème de Jean Tortel est bref, Objet fini d’un travail d’épurement Et de précision.
PRÉSENTATION
Jean Tortel, né le 4 avril 1904 à Saint-Saturnin-lès-Avignon et mort le 2 mars 1993 à Avignon, est un poète et essayiste français du XXe siècle. Sa vie et son œuvre sont profondément ancrées dans le Midi de la France, notamment à Gordes et Marseille. Résistant pendant la Seconde Guerre mondiale, il collabore aux Cahiers du Sud de 1938 à 1966, où il joue un rôle clé dans la découverte de jeunes talents poétiques.
Son œuvre, marquée par une économie verbale et une exigence de précision, explore la tension entre le regard et le langage, entre la perception et l’écriture. Tortel puise son inspiration dans la matérialité du monde, cherchant à saisir l’essence des choses par une poésie dépouillée, proche de l’instantané photographique. Il rend hommage à des figures comme Mallarmé, Malherbe, Maurice Scève et Guillevic, et son essai Le Discours des yeux (1982) illustre sa réflexion sur la relation entre voir et dire.
Son style, à la fois dense et épuré, fait de lui une figure majeure de la poésie française contemporaine, bien que son œuvre reste parfois méconnue. Il reçoit le Grand Prix national de poésie en 1986, couronnant une carrière dédiée à l’exploration des limites du langage et de la perception.
BIBLIOGRAPHIE
- Cheveux bleus (1931)
- Paroles du poème (1946)
- Élémentaires (1961)
- Les Villes ouvertes (1965)
- Relations (1968)
- Limites du regard (1971)
- Instants qualifiés (1973)
- Des corps attaqués (1979)
- Arbitraires Espaces (1986)
- Le Discours des yeux (1982)