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PLACE AUX POÈMES

LIVRE ZOOM

634 - ZOOM KLOPSTOCK

FRIEDRICH GOTTLIEB KLOPSTOCK




Le Messie (extrait du Chant premier)

Je chante le salut que l’Éternel a donné aux hommes, l’œuvre du Rédempteur que l’amour a conduite jusqu’à la mort. Sur la croix, il a porté nos fautes, et par son sang, il a ouvert les portes de l’éternelle lumière. Ô Muse de Sion, toi qui habites sur les hauteurs sacrées, là où les séraphins se voilent la face devant le trône, guide mes pas dans cette carrière sainte. Que mon chant soit comme le souffle du matin sur les fleurs de l’Éden, pur et plein de la gloire de celui qui fut, qui est et qui sera. Je vois les cieux s’ouvrir, j’entends les harpes célestes, et mon âme, transportée d'une sainte ardeur, s’élance vers les demeures de la paix pour célébrer le triomphe de la vie sur le néant et la douleur. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k202157p/f15.item




La Fête du Printemps (extrait des Odes)

Ne m'élève pas au-dessus de la terre, ô mon hymne ! Reste ici-bas pour adorer le Créateur dans la rosée qui tremble sur la feuille et dans le tonnerre qui roule au flanc des montagnes. Le printemps arrive avec ses fleurs et ses parfums, et chaque bouton qui s’ouvre est un miracle de sa main. Je te vois dans la lumière qui inonde la plaine, je t'entends dans le murmure des sources cachées sous la mousse. Mon cœur est un autel où brûle le feu de la reconnaissance. Seigneur, que je suis petit devant l'immensité de ton œuvre, et pourtant, tu daignes écouter le chant d'un atome qui te cherche à travers les splendeurs de la nature renaissante. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k202157p/f62.item




L'Hermann (extrait)

Hermann est debout sur le rocher, son regard est fixé sur les forêts sombres où l'ennemi s'avance. Il est le défenseur de la terre sacrée, le bras de la liberté germanique. Le sang de nos pères coule dans ses veines, et son épée est une flamme qui dévore les chaînes de l'oppresseur. Peuples du Nord, levez-vous ! Entendez le cri de la patrie qui vous appelle au combat pour l'honneur et pour la foi. Le soleil se couche sur les cadavres des tyrans, et la lune éclaire les visages des braves qui n'ont pas reculé. Nous serons libres car notre cause est juste, et nos noms vivront éternellement dans les chants des bardes et dans le cœur des hommes qui aiment la justice. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k202157p/f124.item




La Résurrection (extrait)

Tu ressusciteras, oui, tu ressusciteras, mon grain de poussière, après un court repos ! Celui qui t'a créé te donnera la vie immortelle. Alléluia ! La semence que nous confions à la terre fleurira plus belle au jardin de Dieu. Ô jour de joie, ô jour de lumière, où les larmes seront essuyées, où la mort sera vaincue. Je ne crains plus le tombeau, car il n'est qu'un berceau pour l'éternité. Mon âme s'éveille à l'appel de la trompette, elle secoue ses chaînes et s'envole vers le séjour des bienheureux. Là, je verrai face à face celui que j'ai aimé sans le voir, et mon chant ne finira plus jamais. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k202157p/f182.item




À la Patrie (extrait des Odes)

Terre de mes aïeux, terre sainte et chérie, reçois l'hommage de mon amour. Tes forêts de chênes sont les temples de la vertu, et tes fleuves sont les veines d'un peuple fier et généreux. Je veux chanter ta gloire dans une langue pure et forte, une langue qui ressemble au bruit de tes torrents et au murmure de tes brises. Que la muse de l'Allemagne s'élève au-dessus des nuages, qu'elle porte nos rêves vers les sommets de l'idéal. Ne cherchons pas ailleurs ce qui est en nous-mêmes, mais cultivons notre propre jardin avec force et dignité. La patrie n'est pas seulement un sol, c'est une âme qui respire dans chaque mot et dans chaque pensée de ses enfants. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k202157p/f215.item




PRÉSENTATION

Friedrich Gottlieb Klopstock né en 1724 à Quedlinbourg et mort en 1803 à Hambourg est l'un des plus grands poètes de la littérature allemande et le précurseur du mouvement Sturm und Drang. Son épopée Le Messie dont la publication s'est étalée sur vingt-cinq ans a révolutionné la langue poétique allemande en y introduisant une ferveur religieuse un souffle épique et une liberté métrique nouvelle inspirée de l'antiquité grecque. Poète du sentiment et du sacré il a su exprimer l'exaltation de l'âme face à la nature et à la divinité. Ses Odes ont marqué toute une génération d'écrivains dont Goethe et Schiller par leur puissance lyrique et leur patriotisme spirituel. Il reste la figure dominante de la transition entre les Lumières et le Romantisme incarnant l'idéal d'une poésie qui est à la fois une prière et un hymne à la liberté.



BIBLIOGRAPHIE

Le Messie (Der Messias), publié de 1748 à 1773.

Odes (Oden), 1771.

La Mort d'Adam (drame), 1757.

Hermanns Schlacht (La Bataille d'Hermann), 1769.

La République des Savants, 1774.