Le dépôt
631 - ZOOM ESTANG
POÈMES
- Marée montante C’était encore marée basse en arrivant sur le littoral De moulins et de vent. Mais depuis toujours je sais quand la mer monte. Déjà les coquillages laissés pour compte, Muets sur un lit de glace et de varech, S’étaient remis à bruire avec Un bruit de sang dans les veines.
- Départ On a tort de parler en amour de mauvais choix, Puisque dès qu’il y a choix il ne peut être que mauvais.
- Le Mystère apprivoisé Extrait : Je pleure. Certes Job pleure. Mais son cœur était repris d’enfance, Gonflé de tendresse romantique.
- Les Béatitudes Extrait : Tous mes poèmes contiennent une lueur de ma folle espérance.
- Quatre éléments, poèmes 1937-1955 Extrait : La poésie est un travail sur les mots, Une quête du beau qui se révèle Dans une forme lyrique et précise.
PRÉSENTATION
Luc Estang, de son vrai nom Luc Bastard, est né à Paris le 12 novembre 1911 et mort le 25 juillet 1992. Il passe son enfance dans des collèges religieux d’Artois et de Belgique, avant de revenir à Paris en 1929. Après des débuts difficiles, il entre en 1934 au journal La Croix, dont il dirige la section littéraire de 1940 à 1955. À partir de 1956, il rejoint le comité directeur des éditions du Seuil, tout en collaborant au Figaro littéraire et à la radio.
Poète, romancier et essayiste, Luc Estang est d’abord connu pour sa poésie néoclassique, marquée par une quête spirituelle et une grande rigueur formelle. Ses recueils, comme Le Mystère apprivoisé (1943) ou Les Béatitudes (1945), explorent des thèmes religieux et métaphysiques, tout en restant ancrés dans une réalité sensible. Il aborde ensuite le roman avec des œuvres comme Temps d’amour (1947) et la trilogie Charges d’âmes (1950-1954), où il interroge la condition humaine et la foi.
Critique littéraire influent, il découvre et promeut de nombreux talents, tout en défendant une littérature exigeante et humaniste. Il reçoit le Grand Prix de littérature de l’Académie française en 1962 et le Prix Apollinaire en 1968. Son œuvre, à la fois classique et moderne, reste marquée par une recherche constante de la beauté et du sens, dans un langage à la fois précis et lyrique.
BIBLIOGRAPHIE
- Le Mystère apprivoisé (1943)
- Les Béatitudes (1945)
- Quatre éléments, poèmes 1937-1955 (1956)
- Temps d’amour (1947)
- Charges d’âmes (1950-1954)
- L’Horloger du Cherche-Midi (1959)
- L’Apostat (1968)