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cinq textes proposés pour la page blanche
Proposition de textes pour La Page Blanche N° 70
* * *
1.
Je, ramené au point Sol de naissance
au bâton de graphite qui ne refroidit pas
dit-On
continue
avec ma barre de contrôle
à tarauder en cercle
ma trace de soleil d’agrément
à tourner (cmd ctrl)
autour de mon point Sol de naissance
et tous ces nous qu’en fait-on
la prise est-elle bien mise à la terre
Elle réagit (je : une vie) s’enchaîne sur la ligne
pour une fée absente mais ne tarira pas
au change on le sait quand un enfant remonte en grâce
il dit que le soleil n’y était pour rien
au Sol de naissance c’était incouchable
comme paraissait le froid à son début
c’était loin hier la mine de graphite à tailler
c’était loin de dire hier
de dire hier c’était loin
par terre à la relance de s’ennuyer par terre
de dire hier c’était loin
de se lanciner de dire je m’ennuie
les cercles tournent se dervichent
l’œil tourne
le ventre s’éloigne
Depuis quand j’ai ce noir de mine de crayon sur les doigts
effacé quand je demande au ciel vide ce qui
et le pourquoi de ce qui
bat si régulier je demande à la baguette
par exemple : depuis quand j’aime la pluie ?
* * *
2.
Commencez sans moi
le feu
je suis / j’y étais
j’arrive
la forêt renaît / l’arbre non
mais le charbon les brochettes le rosé
j’arrive à venir / appuyez sur mon ombre
À l’ouvrage vivez sans moi
le feu
au fond du fauteuil à oreilles vos beaux morceaux
en fesses claquez dur / je regarde notre pâte levée
bientôt à la fin du bonus de saison
Hors de vous / de moi seul
le feu
d’être sans vous mais vous m’aimez je rêvasse / je reviens
mon métronome aussi / retombée lente
je suis mort je suis bien / jusqu’où vous reviendrai-je ?
en feu
votre regard teinté de jaune
Je n’oublie rien / allez quoi rhabillez-nous
revenons à vos jeux
lol emoji pleure / c’était possible hier
le feu
qu’avons-nous fait
omg qu’avons-nous fait / qu’ai-je fait si notre blé
en nous le feu est tout
en herbe piétinée
* * *
3.
Il en va
d’eux s’il vient
sans rien
qui vacille toujours à jeun de ressac
sur l’acier piqué en rêve lucide parfois ça sent la mer
une eau douce sort de l’armoire
une petite souris de fer
se noie
mais un radeau de débrouille est toujours là
à ne pas regarder
la vague
ils ne la veulent pas de qui les vacille
de qui leur dise quoi et si c’est pour tuer
père et mère c’est pas la peine
même en petits gâteaux ils sauront faire
enfin qu’il se le dise
à compter de ce que
ce qui
ne sera plus dit
lui reste à lever les yeux au ciel il en fait l’inventaire
de ce moment il s’en va
* * *
4.
Mon tomber de rideau ne fait pas mal
un peu plus tard montera un musical
et l’odeur
Toujours ce lourd velours est inaudible
mais devine derrière le paravent
les sourires se rapprochent backstage
Un vertige sombre et haut
comme une vague de décor me submerge
sans douleur d’une anesthésie envahie de fourmis
Et à nouveau mon côté jardin
et à nouveau c’est bien commencé
cet entre nous à déterrer des vieilles lunes
* * *
5.
Je joue aux silhouettes
un deux trois compte les portières
et danse la pavane entre les plots le trottoir
accélère et puis je ne suis plus là
car il y avait un code pour la pause
La pilule précède le bâillement et le linge
à décrocher rien à faire il y a des codes
et je ne retiens pas mon ombre rien à faire
on t’a dit rien à voir avec toi derrière
à ta fenêtre qu’est-ce que tu as cru
c’est bien ce que je disais
* * *