Le dépôt
introduction à un essai sur les po
introduction à un essai sur les po le po commence dans le minuscule dans l’interstice dans la fissure où la matière se resserre pour respirer pour dialoguer il est la densité lumineuse du proche la concentration du réel dans un fragment qui exige qu’on se penche qu’on ralentisse le temps qu’on incline le corps et l’esprit vers ce qui appelle
le po est une lucidité du regard il demande que l’on rétrécisse l’horizon pour l’agrandir il exige que l’on renonce à la route tracée à la phrase policée qui déblatère le po n’avance pas en paragraphes successifs il avance en angles de mots en suspensions de pensées en retours vers le futur en télescopages et tamponnements il avance comme la vie dans une fissure de béton avec insistance obstination précision
po est geste geste minuscule donc souverain geste qui sabote qui débusque qui réintroduit le rire comme désobéissance intellectuelle l’absurde comme respiration naturelle la rupture et la discordance comme hygiène de la pensée po est territoire po explore un monde serré humide et spongieux vibrant où chaque détail est un tout et chaque vibration un événement symphonique po est loupe goutte de rosée qui reflète le monde entier condensation du réel intensification de matière po est écriture écriture qui ne déprime pas qui imprime écriture qui ne commente pas qui affronte écriture qui ne déballe pas qui arrache qui exige une élégance une honnêteté une précision thérapeutique et joyeuse qui crée un temps qui n’existait pas po manière d’être et de vivre manière de voir de se tenir dans le monde
de le pencher
le traverser
le laisser vibrer
le laisser se déployer dans la lumière blanche de la page transprosée