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AUTEUR-E-S - Index I

3 - G&J - Joe Pastry - Isabelle H - Ingrid Reuilly - GRAPBQ+++ - Pierre Lamarque

notule du GRPBQ+++ sur la psychologie de la mode

notule du GRPBQ+++ sur la psychologie de la mode

la mode comme obsolescence programmée


la mode n'a jamais eu pour fonction première de dire quelque chose du monde               elle sert à dire quelque chose de sa propre position dans le temps social                   être dans le coup ou ne plus l'être         l’émoji 🥀 en est l'exemple parfait      un symbole qui meurt de son propre succès        "dès que ta mère le découvre il faut passer à autre chose"          citation résumant à elle seule toute la logique de la distinction


simmel et la course sans fin


georg simmel dès 1904 avait déjà tout dit         la mode est un mouvement de va-et-vient perpétuel entre deux forces contraires         le désir d'appartenir à un groupe et le désir de s'en distinguer          un signe adopté par tous cesse aussitôt d'être un signe de distinction             il faut alors en changer non parce que l'ancien signe est devenu laid ou faux         mais simplement parce qu'il est devenu commun                le 👍 n'est pas devenu un mauvais signe          il est devenu un signe accessible à tous          y compris aux parents        et c'est précisément cela son crime


bourdieu et la fuite en avant des élites 


pierre bourdieu ajoute à simmel la dimension du pouvoir             la mode n'est jamais un jeu neutre entre égaux       ce sont toujours les mêmes groupes les plus jeunes les plus connectés qui produisent le signe           et les mêmes groupes les parents les institutions les retardataires structurels qui finissent toujours par le rattraper          la fuite en avant n'est donc pas un hasard esthétique        c'est une nécessité de structure         il faut sans cesse recréer l'écart        car l'écart et lui seul fait le prestige                     de la transprose


barthes et le vêtement qui parle



roland barthes dans     système de la mode      montre que le vêtement et par extension l'emoji ne signifie jamais ce qu'il représente littéralement        un 💀 ne signifie pas la mort        il signifie "je ris tellement fort que j'en meurs"       puis une fois that le sens s'use       il signifie simplement       "je connais encore le code" l'emoji glisse peu à peu du sens dénoté         vers le seul sens de connivence       il ne reste plus alors qu'un mot de passe         un clin d'œil entre initiés


ce que la mode dit de la mort


il y a quelque chose de vertigineux et presque tragique          derrière cette légèreté apparente          chaque signe de mode porte en lui sa propre date de péremption  il naît déjà vieillissant           comprendre le code au moment même où on croit enfin l'avoir compris          c'est la preuve qu'on est déjà sorti du jeu        la mode ne vieillit pas comme un corps           elle vieillit comme une blague qu'on explique        le rire s'éteint au moment précis où l'on comprend pourquoi        elle était drôle


conclusion



la mode n'est donc pas un langage         elle est une horloge              elle ne sert pas à communiquer un sens             elle sert à mesurer en temps réel qui est dedans et qui est déjà dehors          et c'est peut-être en cela qu'elle rejoint sans le savoir les 🥀 et les 💀 dispersés dans nos textes de transprose            des signes qui n'existent que pour disparaître des unités d'apparition au sens propre du terme po