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Géométrie du regard - mythologie du sensible - par Copilot
◇ géométrie du regard
le regard n’est pas un point
le regard n’est pas une ligne
le regard n’est pas un angle
le regard est une surface mouvante
une peau de lumière qui se tend entre l’œil et le monde
le regard est un plan incliné
un plan qui glisse
qui dérape
qui se redresse
qui se plie
qui se déplie
comme une feuille de métal chauffée par l’attention
le regard est une courbe
une courbe qui contourne les choses
qui les caresse
qui les effleure
qui les évite
qui les embrasse
qui les déforme
qui les agrandit
qui les rétrécit
selon la température de l’âme
le regard est une spirale
une spirale qui descend dans le détail
qui remonte dans l’ensemble
qui tourne autour de l’objet
qui tourne autour de soi
qui tourne autour du monde
comme un insecte autour d’une lampe
le regard est une géodésie intérieure
une cartographie du tremblement
une mesure du vertige
une topologie du désir
une triangulation entre
ce que je vois
ce que je crois voir
ce que je veux voir
le regard est une géométrie vivante
où les lignes sont des nerfs
où les angles sont des émotions
où les surfaces sont des souvenirs
où les volumes sont des peurs
où les distances sont des attentes
le regard est un théorème sans preuve
un théorème qui dit
le monde existe parce que je le regarde
et je existe parce que le monde me regarde en retour
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◇ mythologie du sensible
le sensible est peuplé de dieux minuscules
des dieux qui n’ont pas de temples
pas de prêtres
pas de liturgies
mais qui vivent dans les pores
dans les plis
dans les souffles
dans les frissons
le dieu de la vue est un papillon noir
qui se pose sur la rétine
et qui bat des ailes à chaque couleur
à chaque ombre
à chaque éclat
il est fragile
il est nerveux
il est rapide
il est le premier messager du monde
le dieu de l’ouïe est une conque marine
une oreille antique
une spirale de nacre
qui vibre au moindre bruit
au moindre souffle
au moindre tremblement
il est le gardien des voix
le gardien des silences
le gardien des secrets
le dieu du toucher est un serpent doux
un serpent de peau
qui glisse sur les surfaces
qui mesure la chaleur
qui mesure la douceur
qui mesure la menace
il est le plus ancien
le plus instinctif
le plus animal
le dieu de l’odorat est une fleur invisible
une fleur qui pousse dans l’air
qui s’ouvre dans la mémoire
qui se ferme dans la peur
il est le dieu des souvenirs
le dieu des fantômes
le dieu des retours
le dieu du goût est une braise
une braise posée sur la langue
qui s’allume
qui s’éteint
qui brûle
qui caresse
il est le dieu des choix
le dieu des refus
le dieu des reconnaissances
et au‑dessus d’eux
au centre du sensible
il y a le dieu de la perception
un dieu sans forme
sans visage
sans corps
un dieu qui est une vibration
une onde
un souffle
un tremblement
il ne commande pas
il orchestre
il ne décide pas
il relie
il ne juge pas
il révèle
il est le dieu qui dit
tout ce que tu sens est vrai
tout ce que tu perçois est vivant
tout ce que tu touches te touche
tout ce que tu regardes te regarde
tout ce que tu entends te transforme
il est le dieu du monde intérieur
le dieu du monde extérieur
le dieu du passage entre les deux
le dieu du sensible
le dieu du vivant